XLVI —— INTRODUCTION — III
exactes (et ceci selon l'accent pur de la prononciation palestinienne), et, dans beaucoup de cas, de garantir en même temps la vraie signification des mots. À ce dessein le texte des consonnes fut revêtu de ce qu’on appelle la ponctuation, c'est à dire de tout un système de points, de petits traits et signes, dont les uns représentent les voyelles ($ 6 et suiv.), d’autres servent à marquer certaines qualifications des consonnes (consonnes redoublées, prononcées avec aspiration ou non etc.; $ 23 et suiv.), d’autres enfin sont des accents ($ 34 et suiv.). C’est la ponctuation de nos éditions. Dans ce travail ces savants furent en partie dirigés par des principes grammaticaux et linguistiques ; mais le plus souvent ils ne firent que consigner la tradition orale, enseignée jusqu'alors dans les écoles.
Comme le manuscrit le plus ancien qui porte cette ponctuation ne remonte probablement qu’au commencement du 12° siècle, on ne peut pas suivre le développement successif de ce système ?). Il est cependant probable que la vocalisation syriaque, qui s’est formée la première parmi les écritures sémitiques, et qui fut bientôt suivie par la vocalisation arabe, a contribué à la formation et à l'introduction de la ponctuation hébraïque. Tou-
1) Cette ponctuation (73) est appelée celle de Tibériade (°3722) en opposition à un autre système, nommé babylonien (YEN ou *522); ce dernier se retrouve dans un manuscrit qui date du commencement du 10e siècle (916-917: Codex Babylonicus, publié par H. SrRACK). Voyez sur la ponctuation babylonienne STADE, Lehrb. d. hebr. Gr., $ 33 et 37, et le facsimile à la fin du volume; comp. PINSKER, Ent. in d. babyl.hebr. Punkt. Syst. Wien 1863; un facsimile est aussi ajouté au livre de Job dans l'édition de Bzær et DELrrzsox. Il est difficile de décider si ce système est plus ancien que celui de Tibériade; en tous cas il n’a pas pu l’emporter sur celui-ci vu que notre ponctuation est beaucoup plus simple, plus claire et plus conséquente. — J. DERENBOURG, dans la Revue critique (21 juin 1879, pag. 454 et suiv.), émet une hypothèse ingénieuse, par laquelle il essaie d’expliquer l'invention, le nom et la forme des voyelles hébraïques, dont il voudrait faire remonter l’origine aux écoles de lecture.