‹ Grammaire hébraïqueChapitre 36 sur 289 · XLVIII — INTRODUCTION — IL · texte numérisé non relu

XLVIII — INTRODUCTION — IL

anciennes remontent aux auteurs de la ponctuation eux-mêmes, tandis que les autres sont un peu plus jeunes. Les dernières parties de la massore paraissent descendre jusqu’au 10° siècle.

Ces remarques concernent en premier lieu les variantes critiques du texte (geri et kehib) ou l'élimination de certains archaïsmes (comme qae pour "ÿ3, Gen.24,14.16 etc.); ou bien

elles constatent la présence d’une voyelle, d’un point ou d’un accent, dont la position a quelque chose de plus ou moins exceptionnel (par ex. le daguesh après un shoureg dans ÊY2399 Gen. 2,25); parfois elles ont pour but de conserver une certaine ré-

gularité grammaticale dans les formes ou dans l'orthographe ); une autre classe de ces remarques renferme toutes sortes de notes sur une forme particulière ou sur l’orthographe de tel mot, sur diverses observations statistiques etc.; on avait compté, par ex., pour mieux conserver le texte et le garantir de toute falsification, non seulement les mots, mais même toutes les lettres de chaque livre, et la massore ne manque pas d'indiquer ces chiffres, de noter le nombre des versets d’un livre et d'observer lequel d’entre eux en marque le milieu; elle relève les particularités de certains versets, par ex. qu’il y en a quatorze qui ne se composent que de trois mots et seulement deux qui commencent

”) Par ex. 1 Sam. 26, 22, le geri veut que le mot N°33 soit lu sans l’article, parce que ce mot, se trouvant à l’état construit, ne doit pas l'avoir selon la règle générale de la grammaire (comp. $ 529, b). — 2 Sam. 2, 23, le ketib veut qu'on lise ÎATA, sans avoir égard à ce que cette préposition prend les suffixes sous la forme du pluriel (comp. $ 450). En effet, dans un petit nombre de passages, NA prend les suffixes sous la forme du singulier (par ex. Deut. 2,12); mais les massorètes ajoutent régulièrement le geri MATA toutes les fois que le ketib présente 1Nnn [Ann] (2 Sam. 2, 23; 3,12; 16,8; Job 9,13). — Dans le passage Exode 4,2, les massorètes prescrivent dans le geri l’orthographe complète ñ177 (voy. $ 426, b, 1), au lieu de la forme contractée T2 du ketib.

TLI72 —— PÉRIODE MASSORÉTIQUE — XLIX

par © dans tout le Pentateuque, mais vingt-six dont chacun renferme l’alphabet entier, parmi lesquels Soph. 3,8 contient même aussi les lettres finales etc. En outre il y a certains signes et quelques particularités du texte massorétique sur lesquels il faut dire encore quelques mots.

a) Ce sont d’abord des points qu’on trouve çà et là sur des lettres ou sur des mots entiers, et qui ne sont ni des pointsvoyelles ni des accents. Par. ex. Ps.27, 13: 155; Nomb. 21, 30: UN. La massore compte quinze mots ponctués ainsi. Ces points sont antérieurs au Talmud, et paraissent désigner des lettres ou des mots sur lesquels il existe quelque doute critique. Ainsi, dans le dernier passage cité, le texte samaritain ne porte que UN.

b) Il en est autrement des lettres trop grandes ou trop petites, renversées ou au dessus de l’alignement !), qui paraissent dans le texte de l'Ancien Testament. Elles sont de nature massorétique, quoiqu’elles existassent déjà dans la période talmudique. C’est une nouvelle preuve que les massorètes n’ont fait que continuer à bâtir sur un fondement déjà posé. Par ex. Lév. 11,42, le \ du mot HUE est plus grand dans les bonnes éditions, afin de rappeler que c’est la lettre du milieu de tout le Pentateuque. D'un autre côté Le D du mot 972, Ps. 80, 14, qui, selon les talmudistes, est la lettre du milieu du livre des Psaumes, se trouve au dessus de l’alignement. Les talmudistes aimaient en outre à rattacher toutes sortes de puérilités à ces lettres extraordinaires.

c) Déjà dans les temps antérieurs à l’ère chrétienne il existait la coutume de lire la loi dans les synagogues tous les sabbats (comp. Act. 15,21). À cet effet tout le Pentateuque fut partagé en cinquante-quatre sections, appelées parashah (MUS, division). Le Talmud en fait mention et indique que les unes étaient ouvertes (NE, [section | ouverte) et les autres ferinées (AND,

1) Les critiques les appellent literæ majusculæ, minuscule, inversæ et suspense.

Preiswerk, Gram. héb. D

L —— INTRODUCTION — LELYP

[section] fermée), c’est à dire que pour les unes il fallait commencer une nouvelle ligne, en sorte que la ligne précédente restait inachevée et ouverte, tandis que pour les autres un petit espace entre la fin de la section précédente et le commencement de la nouvelle était suffisant; il recommande aussi d'observer soigneusement ces espaces en copiant le texte; c’est pourquoi ils se trouvent reproduits dans les rouleaux des synagogues.

Ces sections étaient de nouveau divisées en coupures plus petites, qui pouvaient être elles aussi ouvertes ou fermées. Dans nos éditions on trouve les grandes sections ouvertes désignées par 2 9 2 (par ex. Exode 30, 11) et les fermées par D OO (par ex. Exode 38, 21); les petites sections le sont par 9 ou ©. (Gen. 1,6: 3, 16 etc.) |

d) Dans vingt-huit passages le texte est interrompu par un petit cercle [o], nommé pisqa (NP0OE, section). Il paraît que dans ces cas la parashah des massorètes ne s’accordait pas avec la disposition des anciennes sections, et qu’alors les massorètes, scrupuleux comme ils l’étaient, ne voulurent pas établir leur nouvelle division sans indiquer la divergence avec l’ancienne, dont ils laissaient subsister le signe ”).

e) Plus tard, on ne saurait dire à quelle époque, on ajouta à la portion de la Torah qu’on lisait. une portion d’un prophète. Cette dernière s'appelle haphtarah (MND2 1, litt.: licenciement, de 95, en hébreu et chaldéen congédier), parce qu'après Sa lecture on congédiait l’assemblée. Ces sections ne sont pas marquées dans le texte comme les parashes, mais seulement indiquées sous le texte par des notes massorétiques.

*) Selon une autre opinion ils employèrent ce signe dans l’intention d’avertir le lecteur de ne pas lire sur le même ton des choses qui ne vont pas ensemble; par ex. dans le passage 2 Sam. 17, 14, pour séparer la malice d’Ahitophel du nom du Seigneur, dont la grâce est racontée.

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