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SU79: — DES LETTRES QUIESCENTES

$ 49. La lettre N, mobile au commencement d’une syllabe, est d’une consistance si faible comme consonne, qu’elle a toujours la tendance à devenir quiescente dès que les circonstances s’y prêtent.

Il en résulte les changements suivants :

1. Lorsque le N, portant une voyelle (surtout une voyelle longue), est précédé d’un sheva, il substitue quelquefois à ce sheva sa propre voyelle, pour devenir quiescent en elle. — Ex. après sheva mobile: D'DN'A (deux cents) pour DANS, Gen. 11,283; D'NDN (péchants) pour DRE, 1 Sam. 14, 33; après sheva moyen OÙ quiescent : IN? (affaire) DoUe n2N?n, Exode 12, 16; NNIP? (à la rencontre de) pour NN3??, Exode 4, 97 : DRYOU (Ismaël) pour PNY.

2. Lorsque le K doit porter, au lieu d’un sheva simple, une demi-voyelle précédée de la voyelle homogène (K——, X —), il peut arriver que ces deux sons semblables se confondent en une seule voyelle (longue), en laquelle le K est alors quiescent [voy. $ 92, c). — Ex. VIN] nâvou [ils sont beaux) pour VN3 [de FN] Es. 52, 7; toujours san) pour TAN? DYH5N A pour D Jon, etc,; de même avec TN {sergneur), la voyelle restant brève, OO US: TN) Gen. 18, 12, VND Gen. 24, 36, etc.; et par conséquent avec nn ($ 51, d): nn? Gen. 4, 3. etc.

3. Une contraction pareille se rencontre dans des cas où le A devrait porter (aussi au lieu du sheva) une NOUr auxiliaire ($ 95, N——, NX) — Ex. DNE (trouvant) pour NÉ 2 Sam. 18, 22; NN (et il vint) pour NN, [de ANNI] Es. 41, 25.

4. «) On voit que, dans ces cas, le X n’a au fond plus qu’une valeur orthographique: pour marquer l’étymologie du mot. Cela se montre encore plus clairement dans des cas où, comme consonne, il est absolument oisif. — Ex. NT (eé à vit) Gen. 1, 4; K1Ÿ (néant) Exode 20, 7.

B) Le N ne se faisant plus sentir dans la prononciation, on a même souvent négligé de Re il en résulte des formes comme NÉ? (je suis sorti) pour YNNË?, Job, 1, 21; toujours TN (je dirai) pour YEN; 25N (j'aime) Prov. 8, 17 ($ 207, 3); *?TA (tu te précipites) pour END ons V2TND) Jér. 2, 50: 772% (ta D de pour JN2NY et ceci pour Fn2N%, 1 Sam. 1, 17.

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7) Dans plusieurs cas le K quiescent se trouve même remplacé par une autre lettre quiescente (comp. $ 80, 3), plus conforme à la voyelle qui précède. — Ex. D (buffle) Job 39,9, pour EN), de ON9 Nomb. 23, 22; 2 (citerne) Ps. 40, 3 (même Ÿ2 Exode 21, 33) pour AN2 2 Sam. 23, 15; 192 (onagre) pour N12 Jér. 2, 24.

Ô) L'emploi purement orthographique du K se rencontre enfin dans quelques cas où il ne fait pas partie de la racine, mais où il est seulement ajouté pour indiquer ou appuyer la voyelle longue qui précède. — Ex. NT (pauvre) pour ©, de SW, 2 Sam. 12, 1; NYAX (is ont voulu) pour Y2X, de naX, Es. 28, 12.

AE

5. I n'y a qu'un petit nombre de cas où le K reste mobile avec un sheva quiescent; par ex. VIN3 (magnifique) Exode 15, 11

VAYIN (als sont rouges) Es. 1, 18.

S 80. La lettre 1 n’est quiescente qu’à la fin du mot; là, elle l’est toujours, à moins qu’elle ne porte un mappiq ($ 28). — Remarquez que dans les formes comme RER (al médite) Ps. 1, 2, le M au milieu du mot est mobile comme le N dans VIND.

Mais, lorsque le 5 est mobile, il y à des cas où il disparaît par syncope, c’est à dire qu’il peut être absorbé en-

tièrement par une consonne avec sheva simple qui vient à le précéder. Cela a lieu:

a) pour le 1 de l’article, toutes les fois qu’une des lettres préfixes ©, 2, b s'attache au mot, comme ©Ÿ2 (au jour) pour 012, etc. ($ 419);

b) pour le ;1 du niphal et du hiphil dans des cas exceptionnels; par ex. mins | (pour se présenter) pour nn. ES: 1918 TU (pour détruire) Es. 23, 11, pour TOUT Deut. 9, 8:

c) dans quelques noms propres composés avec 171 (abréviation de #4); par ex. D” (Joram) 1 Rois 22, 51 et D 2 Rois 8, 16,

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1. Ce même genre d'absorption, mais datant déjà d’une époque de la langue antérieure à celle de la fixation du texte actuel, se retrouve dans la flexion du verbe (au niphal, hiphil etc. avec des préformantes); par ex. 7227 pour T2, TPE) pour Mp91 (comp. $ 135).

2. Dans d’autres cas le ñ a disparu entre deux voyelles qui se sont alors contractées. C’est ainsi que s’explique la formation des pronoms suffixes dérivés de D, 1, comme 27% (leur cantique), de la forme primitive shirahèm, et l’origine du suffixe $—, qui remonte au pronom NW, par ex. Ÿ1% (son cantique) contracté de shirahou. Comp. le suffixe 1—: VAn2% (je l'ai envoyé), de shelahtihv, Es. 55, 11 ($ 150).

3. [1 se rencontre aussi des permutations du ñ avec d’autres lettres quiescentes. — Ex. inÿ pour ñnÿ (boire) Es. 22, 13; 9% (Silo) Jos. 18, 1 et \>% Ps. 78, 60; l’ancienne orthographe du suffixe \—: HVY (son non), ND (son manteau) Gen. 49, 11; et surtout avec N, d’après l'orthographe araméenne : N3% (sommeil) pour 13% Ps. 127, 2.

$ 81. La lettre \ est mobile au commencement du mot; le y copulatif seul fait exception en devenant shoureq devant un sheva ou devant une des lettres M212 ($ 96, a).

Au milieu ou à la fin du mot il devient presque toujours quiescent. Il va sans dire cependant qu’il ne peut pas devenir quiescent s’il a un daguesh, par ex. nn (attends-toi) Ps. 27, 14. Quant aux cas où il reste mobile à la fin du mot, voy. $ 88.

La quiescence du 1 a pour conséquence des changements analogues à ceux que provoque le K.

1. a) Lorsque le 1, muni d’une voyelle, devrait être précédé d’un sheva mobile, il lui substitue sa propre voyelle, qui lui est homogène: ©f2 {à a ew honte) pour 12 bevôsh; Dh (se lever) pour 1? gevum (inf. construit). |

B) I en est de même si c’est une voyelle longue qui devrait précéder; la consonne qui devrait la porter prend celle du \ devenu quiescent; ainsi on dit D pour ED qävôm (inf. abs.), D pour EN» (part. pass. ; voy. $ 225). |

—— DES LETTRES QUIESCENTES — $ 81-82.

2. Lorsque le 1 devrait avoir un sheva quiescent (étant placé à la fin d’une syllabe) et qu'il est précédé:

a) d’une voyelle homogène: il se confond avec cette voyelle, qui naturellement devient longue ($ 78, c); ainsi on dit 221 pour 2917 hovshab (2013 $ 216, b); TM (on le fit descendre) Gen. 39, 1;

B) d’un a bref (ou d’un sheva mobile, qui remplace un 4 primitif devenu muet; comp. $ 17, a); alors le 1 s’amollit en voyelle, et la syllabe av devient diphthongue: aou, et par contraction 0 long (i—); ainsi on dit 2% pour 279V, 281 pour 2%17 (227 ; comp. $ 216, 1}; de même dans la formation des substantifs dits segolés (284, À, c, 1) NV, NA pour AA, na (de NA, mort).

Il n’y a que peu d’exemples d’un 1 mobile au milieu d’un mot, comme FnT1£ (ta clameur) Jér. 46, 12.

3. Lorsque le se trouve à la fin du mot, sans voyelle et précédé d’une consonne sans voyelle, il se dissout en shoureg (sans prendre le ton); VIA (vide) pour tohv (formation dite segolée, voy. $ 289, 1, b, 4); MABN (et à se prosterna) pour ADN ($ 261, b, 2).

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