Ou de tous ceux qui présentent quelque intérêt
l'histoire de l'accent latin, dont ils démontrent la puissance au temps de formation de la langue. »
En regard de l'ancien participe fort devenu substantif, et de son radical latin, nous placerons la forme moderne , c'est-à-dire le participe faible correspondant.
1. Première conjugaison : emplette, implicita (employée), — exploit, explicitum (êployè).
2. Troisième conjugaison. — .meute, mota (mue), et wn composé émeute, emota (émue). — pointe, puncta (poindre au sens de piquer, pûngëre). Ce mot est resté comme participe dans l'expression courtepointe, vieux français coulte-poinîe, du latin cûlcila puncta. — course, cursa (courue). — entorse, intorta (tordue). — trait, tractum, et les composés por-trail, retrait, traite, etc.... — source (surgie), et son composé ressource. Le verbe est sourdre (sûrgëre). — route, rupta (rompue) , et ses composés déroute, banqueroute, c'est-à-dire banque rompue. — défense, defensa (défendue), et les congénères offense, etc. — tente, tenta (tendue), et les composés attente, détente, entente, etc.... — rente, réddita (rendue). — pente, * pendita (pendue), et les composés soupente, *suspendita (suspendue). — vente, véndïta (vendue). — perte, pérdita (perdue). — quête, qusésita et les composés conquête, requête, enquête. — recette, recepta (reçue). — dette, débita (due). — réponse, responsa (répondue), — élite, electa (élue).
Verbes dits irréguliers.
Tandis que les grammairiens nomment irréguliers les verbes qui suivent, et réguliers les verbes étudiés dans la section III, prenant en considération la place de l'accent latin, nous avons appelé forts les prétendus verbes irréguliers, et faibles les verbes réguliers. Tandis que la notion d'irrégularité et de régularité ne fait que constater un fait, cette distinction en forts et faibles pénètre plus avant et est une théorie. A ce point de vue, l'ancienne notion d'irrégularité disparaît pour ne plus être attachée qu'aux verbes anomaux et défectifs, et dès lors le verbe fort est considéré comme une autre manière de conjuguer. L'idée d'irrégularité fait supposer des formations qui pour une cause quelconque ont été déviées de leur type; or ce ne serait ici nullement le cas. Le verbe fort est aussi régulier que tout autre; seulement il obéit à une loi différente1.
Les verbes dits réguliers ont le parfait faible, ou accentué sur la terminaison, a??i-âvi (aim-âi), dorm-Wi (dorm-is), redd-iài (rend-ir), — et tous les verbes réguliers ont le parfait fort ou accentué sur- le radical, tins (tén-ui), dis (àîx-i), fis (féc-i).
Les verbes irréguliers de la seconde conjugai-
(. Cf. LiUré. tiist. de la langue française, \, 121.
VERBES IRRÉGÙLIERS. 215
soû ■ sont au nombre de deux : tenir ( tenére) , et venir (venire), qui ont pour parfait tins (tén-ta), et vins (vén-i).
Les dix- sept verbes qu'on a réunis sous le nom de troisième conjugaison, et qui tourmentent les grammairiens philosophes depuis Vaugelas jusqu'à Girault- Duvivier, sont pour la plupart d'anciens verbes forts, tels que recevoir (recipëre), concevoir (concipëre), décevoir (decfpëre), qui étaient au moyen âge reçoivre, conçoivre, déçoivre, conformément à l'étymologie. Ils ont tous le parfait fort reçus (recépi), conçus (concépi), déçus (dëcépi).
La quatrième conjugaison comprend neuf verbes irréguliers : — dire (dicere), plaire (plâcere), taire (tâcere), faire (facere), mettre (mittere), prendre (prén-. Aère), rire (ridere), lire (légère), croire (crédere), — qui ont pour parfait les formes fortes dis (dixi), fis (féci), mis (misi), pris (prendi), plus (plâcui), tus ftâcui), ris (risi), lis (légi).
Verbes anomaux. Verbes défectifs.
On appelle verbe défectif celui qui n'a point tous ses temps, tous ses modes ou toutes ses personnes; ainsi faillir est un verbe défectif.
Les verbes anomaux sont ceux dont les irrégularités
4. La première conjugaison n'a point de verbes proprement irréguliers; aller, et envoyer sont plutôt des verbes anomaux.
ne peuvent se ranger dans aucune classification. Ce sont là les véritables verbes irréguliers.