‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 118 sur 181 · Ester · texte numérisé non relu

Ester

Usité seulement à l'infinitif, dans quelques formules judiciaires : ester en jugement (poursuivre un procès, intenter une action). « La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari (article 215 du code Napoléon. » Ce verbe qui vient du latin stare (cf. ci-dessus, p. 193), est resté en composition dans Contra-stare (contraster), Re-stare (rester), Adre-starc (arrêter, vieux français arrester), et dans les participes constant (con-stare), distant (di-stare), instant, nonobstant (in-stare, ob-stare). Le participe passé esté (status), a été emprunté par le verbe être et contracté en été. (Voyez ci-dessus, p. 192.)

h. Les verbes qui sont aujourd'hui défectifs, avaient dans l'ancienne langue tous leurs temps et toutes leurs personnes : aussi la qualité de défcctif n'est-elle pas un véritable élément de classificalion ; c'est là un accident historique qui frappe des verbes de toutes les conjugaisons.

VERBES DÉFECTIFS. 217

J^ Tisser et Tistre.

Ces deux mots viennent l'un et l'autre de tcxère : la forme forte listre (téxëre), qui était celle de l'ancien français, a disparu, mais en laissant son participe tissu (qui vient de tistre, comme rendu de rendre). La forme faible tisser (téxère); qui est une violation à la loi de l'accent latin, et un mot moderne, a prévalu, tout en adoptant le participe passé de la forme forte.

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