‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 131 sur 181 · Convoyer, Dévoyer, Envoyer, Fourvoyer · texte numérisé non relu

Convoyer, Dévoyer, Envoyer, Fourvoyer

Le substantif via qui nous a donné voie, formait dans le latin vulgaire un verbe viare qui a donné en vieux français véicr, forme ancienne du mot actuel voyer demeuré dans les composés con-voyer, de cum-viare littéralement escorter, faire route ensemble : c'est ain^i qu'on dit encore : Un galion chargé d'argent, revenait du Mexique, convoyé par deux vaisseaux de guerre. — Dê-voyer ancien français desvéier, du latin de-exviare. Une autre forme de dévoyer est dévier. — Envoyer, ancien français entveier, vient de indè-viare. — Four-voyer, ancien français forveier, du latin forisviare, aller hors de la voie 2.

1. Adnare et Enare qui signifient proprement venir par eau, ne tardèrent pas à exprimer l'action de venir n'importe par quel moyen, goit en volant : Dsedalus — gelidas enavit ad Arctos , dit Virgile {sEneid. VI, 4 6), soit en marchant : Nous avons parcouru ces allées : Enavimus has valles (Silius ltalicus). 11 est curieux que la même métaphore de lanavigalionà la marche, ait aussi lieu dans le mot adriiare qui signifiait à l'origine aborder à la rive (ripa), et qui a fini par prendre le sens général de toucher au but, et nous a donné notre verbe arriver (adripare).

2. C'est par une erreur typographique que M. Littré dérive dévier de deviare, et envoyer de in-viare ; il sait mieux que noua que les formes du vieux français desvier, entvoyery s'y opposent.

VERBES ANOMAUX. 2;25

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