‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 158 sur 181 · ACCENTUATION DES COMPOSÉS · texte numérisé non relu

ACCENTUATION DES COMPOSÉS

les mots latins composés qui ont passé en français, des composés créés de première main par notre langue.

S I. Composés latins qui ont passé en françaif.

« Dans la plupart des mots composés que le français a empruntés au latin, la composition primitive ne se faisait plus sentir et le français les a traités comme des mots simples. Il en est résulté que l'accent portant souvent sur la particule déterminante, le mot déterminé qui la suivait a été anéanti ou contracté de façon à être complètement méconnaissable et la particule a perdu elle-même son sens originaire : sarcôphagus (vAr.sarqueu, puis cercueil), trifolium (trèfle), côlloco (couche), cônsuo (couds). Mais dans certains autres mots, le français a voulu faire sentir la force de la particule déterminante, et le sens du mot déterminé. Pour y parvenir dans le cas où, par suite de l'accentuation de la particule, le mot aurait été défiguré comme 1 ceux que nous venons de citer, il avança l'accent d'une syllabe, et accentua le mot déterminé de la même manière que s'il n'eût pas été composé : c-levo (élève), rê-nego (renie), côm-pater (compère), etc.... Ce déplacement dû à la force du sens se fit sans doute dans le latin rustique, antérieurement à la constitution du français. C'était un procédé excellent pour faire ressortir la force des simples, qui s'était à peu près perdue dans les composés , et dont les mots régulièrement accentués ne conservèrent pas la trace l. »

i. G. Paris, Accent latin, p. 82.

S 2. Mots composés de première main par le français.

« On n'appliqua naturellement à ces mots que la seconde méthode d'accentuation, et on ne songea pas à faire reculer sur la particule déterminante l'accent du mot déterminé dans le cas où il aurait été reculé en latin si les mêmes mots s'étaient agglomérés. On forma donc des mots composés soit en unissant les particules de composition latine, à des mots auxquelles elles n'avaient pas été jointes en latin, soit en préposant à des mots latins ou français , des particules latines ou françaises, qui n'avaient pas été employées en composition par le latin : archi-duc, vi-comle (vice-comes), — en(deindè) : en-lève, en-fuis, en-voie, etc., — sous (de sublus) : sou-lève, sous-trais, etc.. *. »

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