‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 170 sur 181 · I-men. — Ce suffixe n'a rien donné au français populaire · texte numérisé non relu

I-men. — Ce suffixe n'a rien donné au français populaire

U-men. — Fr. on:- béton (bitumen)9.

Antia. — (fr. ance).

Enfance (mîantia). Dérivés français 3 : nuance,

\ . Les savants ont gardé pour ce suffixe la forme al t hôpital, natal, capital.

2. Forme savante : dmen, examen (examen) ; imen— ime, régime (regimen), crime (crimen); ûmen — urne, bitume (bitûmen), légumt (legûmen), volume (volumen).

3. Pour abréger, j'appelle dérivés français, les dérivés créés de première main par notre langue, et qui n'ont point de correspondants en latin.

Andus, Endus. — (fr. ande, ende).

Viande (vivenda), provende (providence), légende, (legenda). — Dérivés français : offrande, réprimande, jurande, etc.

Antem — (fr. ant); — Entem (fr. ent).

Enfant (infanZem), marchand (mercanJem), amant (amantem), méchant (vieux fr. meschèant, du verbe mescheoir, voy. p. 222) formé de mes = minus ', comme nous l'avons vu, p. 270, et du verbe chêeir, latin ca[d]ére. En sorte que méchant représente le latin minus-cadèntem) .

SergenJ (servienfém), échéant (ex-cadétUem).

Anus. — (fr. ain).

Aubain (albanus), certain (certanws), romain (romanus), plain-chant (plamtm-cantum), humain (humanus). — Anus devient en, ien, après une voyelle, ou lorsque tombe la consonne médiane : chrétien (christia?ws), ancien (ancianus), païen (pa[g]ara*s), doyen (de[c]anws).

Dérivés français : hautain (haut), chapelain (chapelle), etc1....

Enus, Ena. — (fr. in, e,ne).

Plein (ple'nws), venin (venenwm), avoine (ave'na), chaîne (vieux fr. cha'êne, latin ca[t]èna).

J. Forme savante an: plan (planus), vétéran (vcteranus), etc. — ■ Quant aux mots tels que courtisa», etc..., ils viennent de l'italien (corligûwo). et ne remontent qu'au seizième siècle.

Ardus. — (fr. ard).

Le suffixe germanique hart (bas-latin, ardus), qui sert à marquer l'intensité, a fourni à notre langue un nombre très-considérable de dérivés (pleurard; fuyard, bâtard, etc.).

Aris, Arius. — (fr. er, ier).

Premier (primants), séculier (ssecularis), grenier (granarium), écuyer (scutariws), rivière (riparia), écolier (scolaris), sanglier (singularis [porcus]), fumier (fimariwm). Dérivés nouveaux : plénier (plein), barrière (barre), etc.

Le suffixe ier, le plus productif, peut-être, des suffixes français, a formé un nombre considérable de dérivés qui n'existaient point en latin. Il sert à désigner le plus souvent : 1° les noms de métiers [boutiquier, potier, batelier, écuyer, berger, archer, viguier, etc.], 2° les objets d'usage journalier [sablier, encrier, foyer, etc.J, 3° les noms des végétaux [poirier, pommier, peuplier, laurier, figuier, grenadier, etc.]1....

Atus. — (fr. è) ; — Ata (fr. ée).

•Aimé (amams), avoué (advo[c]a£«s), duché (ducato). évêché (episcopaft/s), — chevauchée (caballicata), aimée (amaïa), etc....

Certains dérivés en ade, tels qu'estrapade, cavalçade> estrade, estacade, etc., nous viennent de l'italien. La

i. Forme savante aire; scolaire (scolorw), séculaire (sxGularis) czlçriire, calcarium, el(\...

forme française eût été ee, comme on le voit par cavalcade (caballîcata) et chevauchée, — estrade et estrée (strata) — escapade, (de l'ital. scappata) et échappée '.

Aster. — (fr. dire).

Ce suffixe qui ajoute a la racine une idée de dépréciât'on, a donné en français de nombreux dérivés inconnus à la langue latine : bellâtre, douceâtre, gentil- \dtre, opiniâtre, — mard/re, parère, etc.

Acem. — (fr. ai).

Yeracem (vrai), m[à]acem (niais), etc.... La forme savante est ace : tenace, rapaee, vivace, etc....

Ela. — (fr. elle).

Chande//e (candeVa), quere//e (quere/a), Xulelle (tulèld), etc....

Elis. — (fr. cl, al).

Cruel (cru[d]e/w), îéal (fi[â]«rasj.

Eîllus. — (fr. el, eau).

Jumeau (gemêllus), beau (béllus), etc....

Ensis. — (fr. ois, ais, is).

Les dérivés latins tels que forensis, hortensis, nemor ensis, etc., n'ont rien donné au français, et notre langue n'a employé ce suffixe que pour les mots de formation nouvelle : courtois, bourgeois, matois, ha'rnois, marquis, etc.... Noms propres : Orléanais (Aurelianemis), Carthaginois (Carthaginie/ms), etc....

I. Forme savante at : avocat L%àvocatus), consulat, épiscopitt, elc...

Ecem. — [de ex] (fr. is).

Brebis (vervecem).

Icem (fr. is).

Perdria? (perdicem), génisse (junicem).

Estus. — (fr. ete).

Honnête (honesZus), etc....

Ista. — (fr. iste).

Suffixe très-répandu en français : droguto, ébéniste, psalmiste, etc....

Erna. — (fr. erne).

Citerne (cistema), lanterne (late'rna), taverne (tabérna), etc....

Etum. — (fr. ay, aie).

Les dérivés ainsi formés désignaient en latin un terrain planté d'arbres. Masculins en latin, ils devinrent tous féminins en français : aunaie (alnetoi), ormaie (ulmêtum), saussaie (salicétum) . De là les noms propres tels que Ghatenay (Castaneïwm), Rowray (Roboxètum), Aulnay (alnétum), Saussaie, etc.... — Dérivés français : chênaie (chêne), houssaie (houx), châtai» gneraie (châtaignier), oseraie (osier), roseraie (rosier), etc.

Ilis. — (fr. it).

Puéril, gentil, etc.... Ce suffixe ilis ne se joint qu'aux noms et aux adverbes, tandis q&ïlis ne se joint qu'aux verbes.

Ignus. — (fr. in).

Bénin (henignus), malin (malignu$), dédain (disdignum), etc....

Inus.— (fr. in).

Devin (divinus) , pèlerin (peregrinus) , voisin (vicinus)j etc.... Dérivés français : mutin, badin, cristallin.

Issa. — (fr. esse).

Ahbesse (ibba[ù]issa), prophétesse (prophe[t]issa), — vengeresse, traîtresse, etc....

Ivus. — (fr. if).

Yif (vivus), chétif (captiuws), naïf (na[t]ivus). Les dérivés français sont très-nombreux : pensi/, hatif, crainti/*, oisif, etc....

Lentus. — (fr. lent, lant).

Violent (violents), sanglant, etc....

Mentum. — (fr. ment).

Yètement (vestïmèntum), froment (ïruméntum), etc.... — Dérivés français : ménagement, changement, chargement, etc....

Orem. — (fr. eur).

Chanteur (cantdrem), sauveur (salva[t] orem), sueur l$u[à]ôrem), pasteur (pastôrem), pécheur (pecca[t]ôrem), etc.

Osus. — (fr. eux).

Êpineua? (spindsus), pierreuo? (petrôsus), envieua? (invidiosus), etc.... — Dérivés français : heure

vieux fr. heur, voyez page 261), hideux, honleiwc, etc....

Onem. — (fr. on).

Charbon (carbônem), paon(pa[v]ônem), larron (latnJnem), etc....

Ionem. — (fr. on).

Soupçon (suspicidnem), pigeo/i (pipidnem), poisson (bas-latin pescidnem), moisson (messidnera), maison (mansidnem), etc....

T-ionem. — (fr. son).

Raison (ratidnem), poison potidnem), venaison (venatidnem), liaison (li[gjatidnem), saison (satidnem), façon (factidne/n), leçon (lectidnem), etc.... — La forme lion est d'origine savante : raiian, potion, ligition, faction, etc....

T-atem. — (fr. té).

Cité (citaîem1), suretê (se[c]uritctfe?n), pauvreté (paupertaïem), etc.... Dérivés français : nouveauté, opiniâtreté, etc....

Icus. — (fr. i); Ica. — (fr. ie).

Ami (arnica), ennemi (ininrîcns), fourmi (ïormica), ortie (urtica), vessie (vessica), mie (mica), pie (pica). — La forme savante est ique : antique, pudique, etc....

Uca. — (fr. ne). ^

Verrne (vernxca), laitne (lactnca), charme (carrnea), fétu (festitca).

4, Forme du latin Ywlgaire, pour çivitatem.

Orius. — (fr. oir).

■ Dortoir (dormitôr jura), pressoir (pressôriura), do- \oire (dola[t]ôrium), etc.... — Dérivés français : parloir, abattoir, brunissoir, mâchoire, balançoire.

Undus. — (fr. ond).

Bond (vieux français Rooud, du latin Ro[t]undus.

Unus. — (fr. un).

Jeun (vieux fr. jcùn, du latin je [j] unus. Verdun (Virodunum). — Dérivés français : opportun, importun, etc....

Ura. — (fr. ure).

Mesure (mensum), peinture (pictura), — Dérivés français : froidure, verdure, etc....

Urnus. — (fr. our).

Four (îurnus) , jour (diurnum), aubour (alburnum), etc....

Utus. — (fr. u).

Cornu (cornu^us), chenu (canuft/s). — Nombreux dérivés français : barbu, joufflu, ventru, membru, chevelu, etc

S 2. Suffixes atones en latin.

« Tous ces suffixes s'éteignent en français, et sont par conséquent hors d'état de servir à former de nouveaux dérivés ; ils n'en ont repris la force que quand on eut tout a fait perdu de vue le génie de la langue et

qu'on ne connut plus la règle de l'accent1. » On dit alors portique, fragile, rigide au lieu de porche (pdrtïcus), îreie (frâgïlis), roide (rigïdus). — C'est surtout dans l'étude des suffixes atones latins qu'il faut rejeter sévèrement tout mot introduit dans notre langue postérieurement à son époque de formation.

Eus, lus. — (fr. ge, che).

Étrange (extrànens), lange (lâneus), déluge (dilûvium), ïmge (\meus), proche (prdpius), sa#e (sâpiws), singe (simium), orge (hdrdeum), rage (mbies), rouge (rubeus), auge (âlvea), songe (sommwm), Liège (Leodium), Maubeuge (Malbddmra), cierge (céretts2). Sur la permutation de eus,ius en ge, che, voyez page 116.

Êa. — (fr. ge, gne).

Gage (câvea), grange (grânea), vigne (vinea), ligne (linea), teigne (tinea). Sur le changement de ea en ge, voyez page 116.

Ia. — (fr. devient ge, che, se, ou disparaît).

Vendange (vendémia), angoisse (angustta), cigogna (cicdnia), tige (tibia), sèche (sépia), sauge (sâlvta), envie (invidia), grâce (grâtia), histoire (histdrm), Bourgogne (Burgûndm), France (Frâncm), Grèce (Grxcia), Bretagne (Britânnia) *. Sur la permutation de ia, en ge, voyez page 116,

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