‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 172 sur 181 · Forme savante ine : machine (machina), etc · texte numérisé non relu

Forme savante ine : machine (machina), etc

Olus.— - (fr. le).

Diable (diibôlus), apôtre (vieux fr. apostle, du latin Apôstôlus).

Les suffixes composés iolus, eolus, qui étaient en la . tîn iôlus, eôlus, subirent vers le septième siècle une diphthongaison qui en fit une seule syllabe longue io, eo; dès lors, accentués èolus, iolus, ils ont pu donner ieul, euil, iol : filleul (fïliolus), chevreuil (capr eolus), linceuil (linteolum), gMeul (gladio/ws), rossignol (luscimolus), aïeul (wiolus).

Ulus. — (fr. le).

Tab/e (tâb«/a),fab/e(fabw/a), amble (âmbw/a),peu- T)le (pôpûlus), hièb/e (ébulûm), seule (siiûla), sang/e (cingûlum), ong/e (ûngûla), chapitre (capftw/iwn) ', merle (mérûla), épingfe (simula), ensoupte (insûbrôlum).

Les suffixes composés de ulus, ac-ulus, ec-ulus, iculus, uc-ulus) ont donné en français :

1* Ac-ulus. — (fr. ail).

Gouvernai (gubernâcwtoi), tenaille (tenâcûlum), soupirai/ (suspirâcûlum). — Dérivés français : travail, fermait, éventail, etc.

2°Ec-ulus.— (fr. il).

GoupiZ (wLlrjécula). Ce mot qui en vieux fr. signifiait renard, est resté dans le diminutif goupillon, aspersoir qui à l'origine était fait d'une queue de renard.

h. Forme savante ule : cellule (cellwfo), calcul (calculus), funambule (funem-ambw/u.y).

3° Iculus. — (fr. eil).

Abeille (apîcwto), orteil (vieux fr. orteil, latin articulum) , sommet (* sommcûlus) , soleil (* solicûlus) , pén7 (oenciilum) j oreille (^nricûla), corneille (cornicûla)\ ouaille (oncûla), vermeil (vermicûlus), aiguille [àcicûla).

4° Ùculus. — (fr. ouil).

Fenouil (fa.nucûlum) , grenouille (ranucûla), verrou (vieux fr. \errouil [resté dans verrouiller], latin verucûlum), genou (vieux fr. genouil [resté dans agenouiller], latin genûcûlum) .

Nous avons vu (p. 121), que les voyelles placées après la tonique disparaissent en français ; les suffixes atones (ïrag-Uis, mob-ilis) sont tous faux en français sous leur forme savante (fragile, mobile), puisque tous ces suffixes conservent les voyelles placées après la tonique et déplacent l'accent latin ; on peut ainsi formuler ce principe : dans les suffixes latins atones, tous les mots français d'origine savante violent la loi de l'accent latin.

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