‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 22 sur 181 · Dict. de l'Académie, édition de 1694. Préface · texte numérisé non relu

Dict. de l'Académie, édition de 1694. Préface

langue universelle, après Bacon, Descartes et Leibnitz. C'est la conséquence des théories philosophiques du dix-huitième siècle : « comme les philosophes du temps aimaient à saisir dans l'homme ce qu'ils appelaient l'état de nature, pour marquer le progrès de ses sentiments, de ses passions, de son intelligence, les grammairiens poursuivaient aussi l'idée d'une langue primitive *. Ils cherchaient à déterminer a priori les idées nécessaires aux peuples enfants, et les sons qui ont dû servir à exprimer ces idées 2. » Les grammairiens philosophes (De Brosses, Gondillac, etc.), croyaient qu'il existe une langue plus naturelle à l'homme que toutes les autres, et ils s'efforçaient de la chercher, usant leurs veilles dans de stériles discussions et d'aventureux systèmes.

Le néologisme qui semblait s'arrêter depuis l'effort du seizième siècle nous envahit de nouveau au dixdeuvième, et cette fois avec une force d'impulsion, et pour tout dire, une nécessité bien autrement fortes qu'au temps de Ronsard. La lutte des Classiques et des Romantiques depuis 1824, les progrès du journalisme, des sciences et de l'industrie, la connaissance plus répandue des littératures étrangères, tout concourt enfin à cette irruption de mots nouveaux : avant de porter un jugement sur c^iéologismes, il faut les distinguer en deux catégories, les bons néologismes et les

1. a De Brosses nommait langue primitive, non point une langue Bupposée dont toutes les autres dériveraient, mais le langage que la nature inspire à tous les hommes, et qui est une conséquence nécessaire de l'action de l'âme sur les organes. »

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