LATIN. MOTS POPULAIRES. MOTS SAVANTS
Au(g)ûstus août auguste
Advo(c)atus avoué avocat
<. Ces exemples et bien d'autres encore, tirés des inscriptions romaines, sont réunis dans le livre de M. Schuchardt, Focalismus des Fulgàrlateins, II, 395.
Utin.
MOTS POPULAIRES
MOTS SAVANTS
Mnti(ph)ôna
antienne
- antiphone
3re(d)éntia
créance
crédence
Communi(c)âre
communier
communiquer
Ccnfi(d)éntia
confiance
confidence
De(c)ânâtus
doyenmi
décanat
Deli (c)âtus
délié
délicat
Denu(d)âtus
dénué
dénudé
Dila(t)âre
délayer
dilater
Do(t)âre
douer-
doter
Impli(c)âre
employer
impliquer
Li(g)âre
lier
liguer
Re(g)âlis
royal
régale
Rene(g)âtus
renié
renégat
Repli (c)âre
replier
répliquer, etc.
La consonne médiane latine tombe en passant en français. Les deux voyelles que séparait cette consonne se trouvent alors en présence : ma(t)ûrus devient ma-ùrus. Cette rencontre de deux voyelles sonores amène forcément leur choc et leur aplatissement réciproque ; elles s'assourdissent, puis se combinent en une seule. C'est ce qu'on voit nettement en étudiant l'histoire du mot ma(t)urus et de ses destinées en français; il est au treizième siècle meùr, au seizième mûr. On voit qu'après la chute du t latin , s'est opéré l'assourdissement de ma-urus, en meiïr ; de l'assourdissement, le mot passe à la contraction des deux voyelles en une seule i, eu est devenu û, meùr est devenu mûr, et l'accent circonflexe indique pré-
f. Cette contraction ou, comme disent les grammairiens, cette sjrnérèse, est étudiée en détail an livre I".
cisément la suppression de Ye. Cet assourdissement des voyelles, cet aplatissement des formes, cette contraction des mots qui se resserrent en passant du latin au français est un des caractères essentiels de notre langue, et celui qui en apparence l'éloigné le plus du latin.