VOYELLES LATINES
reste aussi a en français : arbor (arbre), char (carrus), charme (carinen).
E bref devient ie: levium (liège), férus (fier). — E long donne oi: avèna (avoine), rëgem (roi), legem (loi). — E en position persiste en français: ferrum (fer), terra (terre), lepra (lèpre).
I bref devient oi: pzrum (poire), pzlus (poil), nzger (noir), ftdes (foi). — I long persiste : spïca (épi), amfcus (ami), spfna (épine). —I en position devient e; siccus (sec), cippus (cep), crista (crête), lïrmus (ferme).
0 bref devient eu:novem (neuf), inola (meule),proba (preuve). — 0 long donne aussi eu : môbilis (meuble) sôlus (seitl), hôra (heure). —0 en position persiste en français : corpus (corps), fortis (fort), mortem (mort), pônere (pondre).
U bref devient ou: lupus (loup), ]ûgum (joug), cubo (couve). — U long persiste : mûrus (mur), acûtus (aiga), pùms (pur). — Uen position devient ou: ursus (ours), gutta (goutte), surdus (sourd) , turris (tour1).
M se cbange en e, ie: ca?lum (ciel), la?ta (lie)8. CE devient e : fcémina (femme).
AU devient o ; causa (chose), aurum (or), auricula (oreille).
\. Remarquons ici que la diphlhongaison s'exerce invariablement sur les brèves accentuées; en d'autres termes, les brèves latines accentuées se.dipblbonguent toujours en passant dans notre langue et les voyelles â, ê, i, o, il deviennent respectivement en français, ai, ie, oi, eu} ou.
2. Lie qui signifiait, en vieux français, joyeux, a subsisté dans l'expression : faire chère lie (cara Iseta, littéral, visage joyeux), qui voulait dire primitivement faire Don visage , bon accueil, et par extension offrir un bon repas, ce qui est une des formes du bon accueil.
Voyelles atones.
Si la voyelle tonique latine persiste toujours en français, il n'en est point de même des atones. Pour connaître exactement ce qu'elles deviennent en passant dans notre langue, il convient d'étudier séparément les atones qui précèdent la tonique (comme e dans mercatum), et les atones qui la suivent (u dans mercatum)
S 1. Voyelles atones qui précèdent la tonique.
Les atones qui précèdent la tonique peuvent être réparties en deux classes: atones' précédant immédiatement la tonique (par exemple di dans vindicâre), atones précédant médialément la tonique (vin dans vindicâre).
a) Atones précédant immédiatement la tonique. — Elles persistent toujours en français, quand elles sont longues : perëgrinus (pèlerin), cœmêtérium (cimetière) , etc. Elles disparaissent toujours lorsqu'elles sont brèves 4 : sanitâtem (santé) bomtâtem (bonté), christianztâtem (chrétienté), posftiira (posture), sepUmâna (semaine. Vieux fraDçais sepmainne) ,
\. Sauf lorsqu'elles occupent la première place du mot (Bilancem, raballus, Balance cheval), c'est-à-dire lorsque la seconde syllabe est tonique^ auquel cas la première syllabe ne .pouvait disparaître sans mutiler la mot au point de le rendre méconnaissable.