VOYELLES LATINES
clarftàtem (clarté), comftâtus (comté), clerîcàtus (clergé), etc.1.
b) Atones précédant rnèdiatement la tonique. — Brèves ou longues, les atones de cette classe persistent toujours en français : vestiméntum (vêtement, ornaménta (ornement)-, etc.
S 2. Voyelles atones qui suivent la tonique.
D'après la règle même de l'accentuation latine, ces voyelles ne peuvent occuper que* deux places, Favantdernière, comme u dans tabula, la dernière comme u dans mercàtum.
a) Avant- dernière. — Ne se trouvant que dans les mots accentués sur l'antépénultième, elle est toujours brève en latin: saé tilum, lûndus, tûmwlus, périma, pôWre, légère, fâcere, etc. Absorbée par la tonique qui la précédait, cette voyelle se prononçait à peine, et si les Romains des hautes classes la faisaient sentir en parlant, il est certain que le peuple supprimait ces inflexions délicates. Dans tous les débris qui nous restent du latin populaire {Graffiti de Pompéi, inscriptions, épitaphes, etc.) , la pénultième brève a disparu : au lieu de cômp(u)tum, orâc(u)lum, tab(u)la, sssc{u)lumy ws{i)tus ,môb(ï)lis, vinc(e)re, suspend(é)re, etc., le latin populaire disait cômptum, oràclum , tabla , sœclumy lôstusymoblis, vincre, suspendre, etc.2; et quand cette
4. Celte suppression de la brève atone avait déjà lieu dans le latin Vulgaire, comme nous l'avons démontré dans V Introduction (page 75),
2. M. Schuchardt en a réuni d'innombrables exemples dans son Vokulismus des Fulgdrluleins, 11, 36.
langue vulgaire devint le français, les mots ainsi contractés devinrent à leur tour, compte, oracle, table, siècle, poste, meuble, vaincre, suspendre, etc.
Nous n'insistons pas davantage sur cette règle qu'on peut ainsi formuler : dans tous les mots accentués en latin sur l'antépénultième, la pénultième disparaît toujours en français.
b) Dernière. — Elle disparaît en français : ûccus , sec, cabal/m-cheval, porcin-porc, mare-mer, mortaltçmortel, — ou, ce qui revient au même, elle s'assourdit en e muet: cupa-coupe, firmws-ferme, etc.