‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 86 sur 181 · PRONOMS POSSESSIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS POSSESSIFS

espérance. Ta et sa devinrent de même t\ s' : t'amie et famé, au lieu de ta amie et de ta âme. Cette distinction commode, claire, qui est étymologique et fondée sur une juste connaissance de la langue, disparut à la iin du quatorzième siècle. Au siècle suivant, on ne dit plus m' âme, t' espérance, {amie, mais comme aujourd'hui mon âme, ton espérance, ton amie, accolant ainsi par une erreur détestable le pronom masculin mon (meum) à un substantif du genre féminin. Ce solécisme a persisté, et la construction cle l'ancien français est tombée dans l'oubli1. « C'est ainsi que « les choses se changent et aujourd'hui notre oreille « serait aussi étonnée d'entendre m'espèrance que « l'oreille d'un homme du douzième siècle l'aurait été « d'entendre mon espérance. Seulement remarquons « que la logique grammaticale est pour lui, et que nous « n'avons pour nous que la sanction brutale de l'usage. « A qui remonte vers l'antiquité, la logique gram- « maticaie se montre de plus en plus sûre et exacte ; « ce qui ne veut pas dire qu'une langue qui, en che- « minant, fait nécessairement des pertes de ce côté, '< ne puisse les compenser et au delà par d'autres qua- ■i lités. Ce qui ne veut pas dire non plus que je pro- « teste contre l'usage actuel et qu'en grammairien' « inexorable je désire qu'on efface le solécisme et * qu'on restitue l'ancienne régularité 8. »

\ . Elle esl restée dans l'expression ni'amour : Allez, m'amour, et dites à votre notaire qu'il expédie ce que vous savez (Molière, Cj^ Malade imaginaire, III, 2). *"

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