C: à croire > accroire
F: à faire > affaire: à fin > a /fin; à foison > a /foison; à force
> a {force.
L: qui lo > quillo (St. Léger, v. 23); si lor > sillor (ib., v. 206); à la > alla (Villehardouin, p. p. N. de Wailly, p. 563); de l'osl
> dellosl (ib.); de la > délia (Paris, Chansons du XVe siècle. p. 138); à loisir > alloisir.
P: à présent > appresent (Voyage d’Anglure, p. 55).
R: por o > porro (St. Léger, v. 147); « rire > arrire; de rétro > derrière.
S: li sos > lissos (St. Léger, v. 170); a sos > assos (Passion, v. 44); a sun > assit n (Brut de Munich, v. 3459); à ses > asses (ib., v. 474; Villehardouin, p. 580); la sus > lassus; à savoir > assavoir; à soufrir > assoufrir; à Sessons > assessons (Robert de Clari, § 3); va s'ent > vassent; à sage > assage (Romania, XI, p. 231, v. 94; cf. v. 188, 246).
Ce phénomène, qui offre un curieux parallèle avec ce qui se passe en italien (siffatto, dabbene, dirollo, neppure, sossopra, mostrossi), a disparu depuis le moyen âge; on en conserve encore des traces orthographiques dans accroire, affaire, affût, assavoir. Sur le redoublement moderne d’un / initial, voir § 349,3.
3° Dans la langue moderne, on trouve des consonnes doubles, ou mieux prolongées, surtout dans les mots d’emprunt: illégal, collègue, Cinna, Anna, Edda, hippodrome. Comp. aussi les cas où un e féminin s’amuït entre deux consonnes homogènes: h'i dedans [laddâ] ; elle lit [elli] ; une violente tempête [ynvjolàttâpe:t], etc. Pour les détails, voir Manuel phonétique, § 125 ss.