‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 114 sur 294 · III. N -f CONSONNE · texte numérisé non relu

III. N -f CONSONNE

329. N suivi d’une consonne (excepté J, M ) disparaît en nasalisant, par une assimilation anticipante, la voyelle précédente (comp. § 322); la langue écrite garde la consonne pour indiquer la valeur nasale de la voyelle:

planta plante [plcht] vent u m vent [vâ] vendere vendre [vâ:dr] pon(e)re pondre [p5:dr]

enfant [àfâ] sentir [sàtirr] venger [vàge] bonté [bote]

Cas isolés. N devient r dans le holl. Zaan dam > Saardam. Co(n)ventum > couvent; la forme couvent, qu’on trouve jusqu’au XVIIIe siècle, est savante; cf. Vaugelas: »I1 faut escrire convent, . . . mais il faut prononcer couventa ( Remarques , II, 283). Vfr. roncin > roussin. Carbunculum devient escarboucle, sous l’influence de boucle (III, § 681). Conchylium > concliilia devient coquille, sous l’influence de coque. N disparaît aussi dans les contractions de en avec l’article: en -f- lo (le) > et et en + les > es (cf. § 293,i).

Mots d’emprunt. Les mots d’emprunt subissent la même nasalisation que les mots héréditaires; antécédent [âtesedâ], absent, monstre, démantibuler, vindicatif, etc.

Remarque. Si n cons. se trouve après une voyelle post-tonique, celle-ci n’est pas nasalisée: cantant > chantent, scribunt > écrivent.

Page 1