‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 116 sur 294 · IV. N FINAL · texte numérisé non relu

IV. N FINAL

332. N à la fin d’un mot se développe comme à la fin d’une syllabe devant une consonne (§ 329); il disparaît en nasalisant la voyelle précédente (comp. § 325):

v î n u ni s ï n u ni p 1 ë n u ni b ë n e

vin [vë] sein [së] plein [pis] bien [bjë]

v a n u ni b ô n u m d 6 n u ni ü n u ni

vain [vë] bon [b5] <lon [d5] un [œ]

La consonne nasale se prononçait probablement dans la période la plus ancienne; elle passait parfois à m devant une labiale; on trouve embas (pour en bas), nompoant (pour non poant, impuissant), etc. De nos jours, elle a régulièrement disparu (comp. $ 329); pourtant, elle s’entend encore devant une voyelle: on dit [bjè] (bien) et [bjëfo:r] (bien fort), mais [bjëntniabl] (bien aimable). 11 n’y a aucune différence entre un agent et un nageant, un g grec et un nid grec. Dans ces «liaisons®, la voyelle perd souvent sa nasalité en tout ou en partie: on dit [œnom], mais aussi [œnoni] (un homme). Comp. bonhomme [bonom].

Mots d’emprunt. Dans quelques mots savants, la nasale finale se conserve: hgmen, spécimen, dolmen, lichen, amen. Éden, etc.

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