‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 13 sur 294 · Le trait d’union sert à unir · texte numérisé non relu

Le trait d’union sert à unir

1° les différentes parties d’un mot composé: arc-en-ciel, cheflieu, garde-malade, pare-éclats, peut-être, c’est-à-dire, etc.;

2° le verbe et son sujet postposé, quand ce sujet est un pronom personnel, ce ou on: suis-je, as-tu, que dit-on, est-ce là, etc.;

3° le verbe et son régime postposé, quand ce régime est un pronom personnel ou les mots en et y: aidez-moi, fais-le, dites-le-lui, rendez-le-moi, donnez-lui-en, partez-y;

4° le pronom personnel et le mot même: moi-même, euxmêmes;

5° les monosyllabes ci et là et un mot qui précède ou qui suit : celui-ci, celui-là, cet homme-ci, ci-dessus, ci-entour, ci-inclus, ci-gît, Ici-dessous, lêi-haut;

6° les noms de nombre composés, quand ils ne sont pas unis par la conjonction et: dix-sept, vingt-neuf, quatre-vingts, quatre-vingt-dix-huit.

L’emploi du trait d’union n’a pas de règles fixes: on écrit eau-de-vie, mais eau de rose; arc-en-ciel, mais arc de triomphe: cent-suisses, mais cent gardes ; blanc-de-céruse, mais bleu de ciel: tête-à-tête, mais face à face; au-dessous, mais au dedans; quatrevingts, mais quatre cents; contre-coup, contre-balancer, mais contrefaçon, contremcinder , etc., etc. L’arrêté ministériel du 26 février 1901 essaie de remédier à ces inconvénients et de simplifier l’emploi du trait d’union en autorisant sa suppression dans les verbes composés (entrecroiser pour entre-croiser), entre le verbe et le pronom sujet (est il pour est-il) et dans les noms

composés tels que chef-d'œuvre. Mais ce ne sont là que des »tolérances« pour les examens — et qui manquent d’ailleurs de précision sur certains points de détail. Dans la nouvelle édition de son Dictionnaire, actuellement en cours, le trait d’union est maintenu par l’Académie.

Remarque. Le trait d’union, préconisé pour la première fois par la liriefue Doctrine (édition de Lyon, 1538), passé sous silence par Ë. Dolet, se répand très lentement jusqu’en 1550. Il ressort de la grammaire de Cauchie qu’il était d un emploi fréquent en 1570. L’Académie l’adopte en 1694; mais ce n’est guère que dans la 6e édition du Dictionnaire (1835) qu’elle en généralise l'emploi, sans plan bien arrêté d’ailleurs.

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