‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 181 sur 294 · G final peut être libre ou appuyé · texte numérisé non relu

G final peut être libre ou appuyé

1° G final libre s’amuït: jugum > vfr. jou, devenu joug par réaction étymologique. Dans legem > lei, loi, regem > rei, roi, le g a peut-être été transformé de bonne heure en yod.

Mo rs d’empkunt. Grog, zigzag. Astrologue, épilogue, prologue, pédagogue, synagogue, prodigue, etc. Mage, au moyen âge mague, a peut-être subi l’influence de magie.

2° G final appuyé se change en c [k] : largum > lare. Iongu m > lonc, *sanguem > sanc, burgum > bourc, ring > ranc (cf. § 31 4, s). Après le moyen âge, le c final de ces mots s’est amuï, et il a été remplacé dans la langue écrite par un g (orthographe étymologique, g 96, 2): long, sang, bourg, rang ( lare a été remplacé par le féminin large; cf. II2, § 387, 2). Il est curieux de constater que l’ancienne prononciation sourde de la palatale est encore vivante, sous l’orthographe changée, dans quelques liaisons: un long hiver [œlôkiveir], suer sang et eau [sqesâkeo]; pour un rang élevé, on hésite entre [œrâkelve] et [œrâelve]; en 1835, l’Académie exigeait un bourg étendu [œburketôdy].

Formes analogiques. Les verbes présentent beaucoup de formes analogiques; rappelons, par exemple, purge, ceins, feins, plains, etc. au lieu de *purc (purgo), *cenc (cingo), *fenc (fingo), *plane (plango); voir II2, § 115 et § 118.

(i as isolés. Si le groupe ng est suivi d’une voyelle palatale, il se fond en [p] : longe > lop (g 336) > loin.

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