II. S INTERVOCALIQUE
459. S entre deux voyelles devient [z], son marqué le plus souvent dans l’orthographe par la lettre s:
causa chose
o t i o s a oiseuse
spo(n)sa épouse
p a u s a r e poser
t h e s a u r u ni trésor pe(n)sare peser
Exemples germaniques: wisa > puise, waso > gason, gazon (cf. § 456,2, Rem.).
Mots d’emprunt. Dans tous les mots d’emprunt, un s intervoealique se prononce comme [z]: accusatif, basilique, brasero, caséeux, casemate, caséum, Casimir, casino, casoar, causal, causatif, cause, cosaque, curiosité, hasard, présider, résultat, spumosité, usufruit, usurpateur, etc.
Mots composés. Dans les mots composés, le [s] primitivement initial reste sourd, si le sentiment de la composition est conservé: antisocialiste, contresigner, entresol, monosyllabe, parasol, présupposer, vraisemblable, Lasalle, Lesage, Desaix, etc. On redouble s graphiquement dans maussade (pour mausade = mal + sade), unisson et dans quelques composés commençant par de- ou re- : dessous, dessus, ressac, ressaigner, ressaisir, ressasser, ressauter, ressembler, ressemblance, ressemeler, ressentir, ressentiment, resserrer, resservir, ressort, ressortir, ressouder, ressource, ressouvenir. Remarquez la différence entre resigner [rasipe] et résigner [rezipe]; on prononce aussi [rezudr], rezolysjô], [dezipe]. Si le [s] est primitivement final, il se change en z]: plus-offrant (comp. § 310, Rem.).
Remarque. Au XVIe siècle, s [z] devient souvent r: chemire, Jérus, furil, je vous-r-aime, etc. Ce phénomène, qui se rencontre encore dans plusieurs patois, surtout en berrichon, est probablement provoqué par le passage de [r] à [z] dont nous avons parlé au § 360. Il y a encore des endroits qui s’appellent Baroche au lieu de Basoche (Basil ica).