II
Mots d’emprunt. Glacial, parochial, provincial, social. Adventice, édifice, novice, office, délices, vivace, etc.
2° Si le groupe cj devient final, on a le même développement en [ts]: fa cio > vfr. faz; placeo > vfr. plaz; facticium > vfr. faitiz; bracchium > vfr. braz, * lacium (§ 41 l,i) > laz, etc. La vieille alfriquée se simplifie en [s] qui s’amuït en suivant le sort ordinaire du s final. L’orthographe moderne est capricieuse: braz > bras, laz > lacs. On écrit élan pour élans (encore dans Trévoux), subst. verbal d 'eslancier (< *lanciare < lanceare).
Formes analogiques. Les vieilles formes faz (fa cio), plaz (placeo), taz (ta ceo) ont été remplacées par fais, plais, tais; voir II2, § 127.
477. GJ. Ce groupe peut être libre (exagium > essagjo) ou appuyé (spongia > spongja).
1° Si le groupe gj est libre, il aboutit à un simple yod qui se combine avec la voyelle précédente: exagium > essai; corrigia > correie, courroie; regionem > vfr. reion, roion.
Mots d’emprunt. Adage, cartilage, naufrage, suffrage, prodige, vestige, horloge, refuge, région, transfuge, etc.
4ôl
2° Si le groupe gj est appuyé, il devient [g]: spongia > éponge; Georgius > Georges. Exemple germanique: *dungjo > donjon (§ 7,4).
I). FRICATIVE LARYNGALE.
478. La fricative laryngale sourde [h] de homo, hora, habere, herba, hiems, etc. s’était amuïe, dans la prononciation populaire, dès les premiers siècles de l’Empire; seule la société cultivée maintenait l’aspiration comme plus élégante, et un h négligé ou un h fautivement employé était regardé comme de nos jours en Angleterre — comme une marque de mauvaise éducation. Mais c’était une prononciation artificielle, qu’il fallait apprendre soigneusement; le latin vulgaire ne connaissait que les formes omo, ora, abere, erba, etc. ( Romania , XI, 399); aussi les langues romanes ne conserventelles aucune trace de l’aspiration latine. Si pourtant un certain nombre de mots français présentent un h aspiré, c’est qu’ils sont soit des mots d’emprunt soit des onomatopées.