‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 221 sur 294 · Voyelles · texte numérisé non relu

Voyelles

1° Assimilation anticipante. La voyelle atone de la syllabe initiale est assimilée à la voyelle tonique. Exemples: Bilancea > * balance a > balance. Ci gantent > *gagantem > vfr. jaiant, d’où géant. Silvaticum > salvaticu m (Schuchardt, I, p. 217) > salvage, sauvage. Telonium > toloneum (Appendix Probi) > lonlieu (§ 517,»). Ver va et tint > * va r(v)a c tu m

> vfr. garait, d’où guéret (§ 247). It. cela ta > salade (casque). Vfr. manace, fréquent pour menace. Ces mots nous présentent: i — a > a — a, e — a > a — a, e — o > o — o. Dans les exemples suivants, il y a assimilation d’une voyelle orale à une voyelle nasale: Bobance (encore dans Oudin, 1642) > bombance; cocombre (encore admis par Buffet, 1688) > concombre: tapon (dér. de laper) > tampon; toton (totum) > tonton. Dans l’usage familier, maman et nanan se prononcent manman et nannan; les patois présentent mançon pour maçon.

2° Assimilation progressive. La voyelle atone de la syllabe initiale s’assimile la voyelle suivante: Strategema > vfr. strategème > stratagème. Vfr. cormaran (pour cormaranc, c.-à-d. corp marenc, corvum marinum) > cormoran. Zingiberi

> vfr. gingibre > gingembre; comp. la vieille forme ainsin pour ainsi. Même fait dans les mots d’emprunt italiens: carnevale > carnaval, m asc liera ta > mascarade. Sur caravane, voir § 494,®.

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