Consonnks. On observe ici les phénomènes suivants
1 0 Dittologie de consonnes. — Exemples d’assimilation anticipante: Vfr. cer chier (cire are, § 403, i) > chercher; la forme primitive s’emploie encore dans les patois: Nous vons sercher nout’ niée (E. Rolland, Chansons populaires, III, 7), et dans l’argot: Es-tu v’nu sercher du cravail (J. Rictus, Les Soliloques du Pauvre, p. 111). Vfr. essangier (exsaniare) > échanger (décrasser le linge). Guideau a comme forme secondaire dideau. Vfr. tarcais (xapy.âatov) > carcais, d’où carquois. La forme hypocoristique de Claude est Daude, d’où Daudet; comp. Toton de Margoton, Babet de Élisabeth. — Exemples d’assimilation progressive: écartiller ou équartiller (dér. de quart) > écarquiller; verbena > verveine. A côté de vousoyer (dér. de vous), on entend vouvoyer (comp. tutoyer).
2° Élision harmonique d’une consonne. Clincaille > quincaille; clincaillier > quincaillier; clincaillerie > quinquaillerie. Dans la comédie des Faux Bonshommes, quand madame Dufourré dit que son mari a fait ses affaires dans la clinquaillerie, on se moque d’elle et on la reprend (I, sc. 6). A côté de crocodile (cr oc o d i 1 u m), on trouve jusqu’au commencement du XVIIe siècle la forme cocodrille (it. cocodrillo, esp. coc od ri 1 o).
3° Addition harmonique d’une consonne. Ce phénomène s’observe souvent dans les termes de caresse (§ 121) et les mots de tendresse; il est surtout fréquent dans les noms propres: Anna > A Wma; Annette > Nanette; Anselme > Sanselme ; enfant > fan fan; Hélène > Lélène; Madeleine > Mène; etc. Tante pour ante (a mi ta), encore en usage au XVe siècle, doit probablement son premier t à une anticipation hypocoristique (voir § 121). Rappelons aussi une ancienne forme telle que flabliau pour fabliau. C. Nisard (Etude, p. 328) donne la forme populaire afftable pour affable. Des exemples d’assimilation progressive se trouvent au g 504,2.
508. Parfois la dittologie a lieu d’un mot à un autre: ainsi rime léonine se prononçait autrefois rime léonime; autel (a 1 tare), qui s’employait souvent avec principel, doit peut-être son / (§ 363) à une assimilation de ce genre: principel alter > principel altel. La forme aspic pour aspit (prov. aspit ) est probablement due à l’influence de basilic, à cause de la phrase biblique souvent citée: »Vous marcherez sur l’aspic et sur le basilic« (Psaume 90). Pour d’autres exemples voir § 118, s.