CHAPITRE III
HAPLOLOGIE.
511. Nous venons de constater une forte tendance, surtout propre au langage enfantin et poétique, à créer des syllabes harmoniques («dittologie«); le phénomène contraire, que nous appellerons »haplologie« (du grec ai tXooç), s’observe aussi, quoique plus rarement. On évite parfois la répétition, à courte distance, d’un même phonème ou d’une même syllabe, et cette dissimilation harmonique peut se manifester:
1° Par le changement d'un phonème: *orphaninum > orphelin [n — n > 1 — n]; fin ire > vfr. fenir [i — i > e — i].
2° Par l’amuïssement d’un phonème: fie b i le ni > faible [11— bl > f — bl].
3° Par la suppression d’une syllabe: tragi-comédie, au lieu de tragico- comédie.
Remarque. A plusieurs reprises, Vaugelas recommande d’éviter la répétition du même son; il préfère ainsi cangrène à gangrène (§ 423, i), et il proteste contre il vescut et mourut au lieu de il vesquit et mourut, tout en admettant il vescut et sortit de ce monde (II2, § 176,2).