O tonique libre devient [œ] devant une consonne, et
en position finale; on écrit dans
les deux cas
eu (œu
bôvem
bœuf
meule
neuf
fi 1 iôl u m
/il lent
neuf
opéra
œuvre
ô p u s vfr.
ues
meut
preuve
*p6tel
peut
cor
cœur
veut
sœur
Mots germaniques: *faldistôl > vfr. faudesluel > fauteuil , f ô d r > feurre, h ô s a > heuse.
Formes analogiques. Couvre, ouvre, prouve, etc. ont remplacé les vieilles formes régulières cuevre, uevre, prueve, etc., sous l’influence des formes qui avaient un ou inaccentué (§ 180): rouvrir, couvrons, couvrais, etc.; comp. § 301. Houe, vfr. ruee (cf. esp. rueda < rota), a peut-être été refait d’après rouer; il peut aussi venir directement de ruee > rue ( roe ) (cf. liee > lie; § 166, Rem.).
Cas isolés. Quelques mots se présentent avec un son [o]: fors < f ô r i s ; rossignol < *lusciniôlu; geôle, vfr. jaiole < caveôla; et, à côté de filleul(e) (< filiôlu), on disait, aux XVIe et XVIIe siècles fillol(e), forme dont Molière s’est servi à la rime (fillole : parole; L’Étourdi, v. 1567) et qui fut vivement blâmée par Vaugelas (Remarques, II, 25). On a essayé d’expliquer fors par son emploi comme proclitique; mais on aurait eu fours (cf. fourvoyer; § 179); on a vu dans rossignol une forme provençale, dans jaiole une influence savante. La double forme fdleul(e), fdlol(c) semble bien montrer que dans ces mots il s’agit d’une évolution particulière de la diphtongue, due à une accentuation décroissante (Cf. Salverda de Grave, Neophilologus, t. III. pp. 162 et 163).
Mots d’emprunt. École (schôla), rose (rôsa), vole (vôlat), dévore (devôrat), etc.