O protonique entravé
1° devient ou (cf. § 184): *fôrmicem > fourmi; pôrcellum > pourceau; tôrmentum > tourment; fôr(is)- dans fourvoyer, fourbu (part, de fourboire).
2° reste tel quel (cf. § 176): côrnicula > corneille; côrbicula > corbeille ; dôrmire > dormir ; môrtalem > mortel; pôrtare > porter; ôbscurum > obscur.
Devant un s qui s’amuït, l’o ouvert peut s’affaiblir en o fermé: côstatum > costé [koste] > côté [kote]; hôspitalem > hostel [osttl] > hôtel [otel].
Remarque. L’ô protonique entravé semble être devenu o fermé, puis ou [u] en moyen français. La dialectologie (Gilliéron, Dauzat) confirme cette opinion (cf. RPhF, XXXV, 143). L’Appendix Probi observe déjà: «formica, non
furmica«; et le glossaire de Cassel donne déjà purcelli. Les mots où cet o est resté tel quel ont été refaits d’après des formes où il était en radical accentué: hôte , mort, etc. . . . C’est ainsi qu’à côté de fourbu, fourvoyer, on a forban, forfaire, refaits d’après fors.