VI. O FERMÉ + PALATALE
204. O fermé, tonique ou protonique, suivi d’une palatale (c prépalatal, es, sc, sj, tj, stj, rj) devient oi [wa]:
voix
to(n)sionem
toison
crücem
croix
poison
* m ü cere
moisir
oiseux
cognôscit
vfr. conoist
angùstia
angoisse
füsionem
foison
dormitôriu m
dortoir
Anciennement, l’o de cette diphtongue oi était fermé: croiz assonait avec flor (§ 183); après le XIIe siècle, l’o devient ouvert: un mot tel que voix peut rimer avec ois (< audis; § 188), et cet oi se confond avec oi < de ei (g 157).
Cas isolés. Dans quelques mots, l’o fermé a été remplacé, soit par un « long, soit par un o ouvert. Ainsi, ostium et püteum sont devenus Ostium et *püteum, d’où huis et puits (§ 205). D’aulre part, cüpreum (c.ypreum) et plüvia sont devenus *côpreum et *plô(v)ia, d’où cuivre et pluie (§ 201); comp. trôja > trôja, d’où truie. L’explication de fuit, ancien cas sujet pluriel de tout, est douteuse: certains 1’expliquent par :i:tôttj, forme qui a pu se développer dans la combinaison totti illi; d’autres le tirent de * tutti.
Formes analogiques. Füga et fûgëre sont représentés en français moderne par fuie et fuir, dont l’u est dû à l’influence du parfait fügi (cf. § 205).