NASALE
212. I long, Ionique ou protonique, suivi d’une nasale entravée ou finale, devient [è], son qu’on écrit ordinairement in:
lin
vin
cinq
principe m
prince
singe
c rine m fl n e m
(juin q u a g i n t a p rï m u m te m pu s 1 ï n t e o 1 u m
crin
fin
cinquante
printemps
linceul
Cas isolés. Dans poulain (it. pollino) et parrain (it. patrino), il y a eu changement de suffixe (III, § 268). Sur le sort de la terminaison verbale -ïmus, voir II2, § 54, § 55,s, § 169, i.
Mots d’emprunt. Dans les mots d’emprunt, on prononce
ordinairement in (im) à la française [S]: principal, principe, quintessence, simple, vindicatif.
213. Pour expliquer le développement de in en [i], il faut supposer la série suivante [in > m > ên > en > è] (comp. § 210); mais il est impossible de dater sûrement ces différentes étapes. Au moyen âge, in assone avec Yi oral ordinaire; cf. or félin : menti : chemin : plaisir (H non de Bordeaux, p. 19); donc, la nasalisation a été très peu sensible. La prononciation moderne remonte peut-être à la fin du XIIIe siècle; dans quelques documents de 1291, on trouve les curieuses graphies plin, gindre, valurent; au XVIe siècle, Th. de Bèze (1584) écrit hin et fin, pour figurer la prononciation de liaim (hamum) et faim (famem). Malgré l’équivalence parfaite de in et ain, on discutait au XVIIe siècle sur le droit de faire rimer vin et vain ; aujourd’hui les poètes les plus sévères admettent ces rimes. La confusion des deux terminaisons a produit des dérivés tels que fusiniste de fusain (p* bouquiniste de bouquin), sacristine de sacristain voisine — voisin), dine de daim (p^ fine — fin);
voir II2, § 399.
Remarque. L’étape [ïj est conservée dans plusieurs patois; notons surtout le baguais (MSL, V, 176) et le wallon (ZRPb, XXIV, 16). Un i nasal s’entend aussi en provençal.