Voyelle -|- n mouillé final (cf. §/228,s
1° E fermé -f- [p] final aboutit à ein [ê]: digne m > vfr. dein; insïgnem > vfr. ensein; sïgnum > vfr. sein (comp. tocsin; § 32) et seing. Signe est savant.
2° E ouvert -f- [p] final aboutit à in [ê]: ingënium > engin. Vènio et tëneo deviennent vien(s) et tien(s) (au lieu de vign, vin et tign, tin ) sous l’influence des autres formes du singulier viens (v è n i s), tiens (t ë n e s), etc.
3° A — f- [p] final aboutit à ain [è]: balneum > bapo (§ 342) > bain ; *companio > compain, copain; stagnum (autre forme de stannum) > étain.
4° O + [p] final aboutit à oin [wè]: coton eu m > cooin > coing (§ 270,3); cuneum > coin; pugnum > poing; tes fini onium > témoin; longe > loin.
Remarque. Le groupe oin avait d’abord l’accent sur o, qui était fermé (§ 209) et se prononçait sans abaissement du voile du palais; cf. emperedor : doinst (Alexis, str. 62), barun : plurt : luinz (Roland, v. 2418). Après le XIe siècle, la nasalisation commence à se faire sentir, et, peu à peu, l’accent se déplace sur la dernière partie de la diphtongue, de sorte que Rutebeuf peut faire rimer jointes : saintes, moins : certains; ces rimes indiquent une prononciation assez rapprochée de la moderne.
5° U -f [p] final aboutit à uin [qè]: junium > juin.