‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 65 sur 294 · Voyelle -)- n mouillé entravé (cf. § 228, s · texte numérisé non relu

Voyelle -)- n mouillé entravé (cf. § 228, s

1° E fermé [p] entravé aboutit à ein [è] (cf. § 230, a): cïngere > ceindre; extïnguere (§ 452, s) > éteindre; fïngere

> feindre; pïngere > peindre (sur le d de ces formes, voir § 498, s); vïncere > veintre, veincre, vaincre; cïnctura > ceinture; cï net u rare > ceintrer, cintrer; *pïnctura > peinture.

2° A -(- [p] entravé aboutit à ain [è] (cf. § 230,4): frangere

> vfr. fraindre; plangere > plaindre; sancta > sainte.

3° O -f- [p] entravé aboutit à oin [wè] (cf. § 230, s): jüngere

> joindre; püngere > poindre; üngere > oindre. Le mot défunt (defunctus) est savant.

232. Les consonnes peuvent être nasalisées aussi bien que les voyelles, mais la nasalisation change très peu, en réalité, la consonne qui la subit. La différence acoustique entre le / ordinaire de brûla et la forme nasalisée qui s’articule dans branlant , est minime; comp. encore pour [5], rager et rongeant, et pour [v], revêtir et revenir. Quand une explosive dentale (d, t) est nasalisée, elle se change tout simplement en n; cette assimilation se trouve, par exemple, dans lendemain [lânmi], point de mire [pwènmirr], en dedans [ândâ], vingt-deux [vèndo], pendant [pânâ], dont la prononciation normale est [lâdmè], [pwidmirr], [âddà], [vîtdo], [pàdà], etc. Un b nasalisé équivaut à m; notons le Mnadies de Janotus de Bragmardo (Rabelais, I, chap. 19), altération de b(o)na dies due au nasillement de ce personnage.

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