III. A + L
240. A suivi d’un l (II) entravé devient [o], orthographié au:
alba
aube
falconem
faucon
taupe
altare
autel
chenaux
saunier
aune
vaudrai
alterum
autre
*fall(e)raio
faudrai
isolés. Balneum
s’altère en * b a n e u m
i (comp
bagno, esp. baho), d’où bain.
241. La plus vieille forme des mots cités au paragraphe précédent est albe, talpe, chevals, aine, etc.; à un certain moment, / s’est vocalisé (§ 343), et l’on a eu aube, taupe, chevaus, aune, etc. Cet au était d’abord une diphtongue décroissante qui assonait en a pur; cf. cevaus : mais (Huon de Bordeaux, p. 101). La même prononciation s’entendait encore au XVIe siècle, mais c’était alors un provincialisme. Le grammairien Meigret, qui était d’origine lyonnaise, veut qu’on dise aotre, aocun, faot, etc., tandis que tous les autres grammairiens du XVIe siècle constatent que au se prononçait o. Le passage de au à o, dont on trouve les premières traces au XIIIe siècle, était donc accompli avant 1500. L’orthographe étymologique a été conservée, excepté dans: cocher, pour caucher (cale are), in fl. du mot coq, dont on l’a cru un dérivé; échoppe, altération de eschaupre (*scalpra, pour scalprum); hoqueton, pour auqueton, aucoton, alcoton (même mot que coton, précédé de l’article arabe al, § 20, i). On écrit échôme ou échaume (scalmum). Sur osberc = haubert, voir § 17.
Kr. Nyrop: Grammaire. I