A contrefinal s’affaiblit en e féminin
*cantaraio chanterai * o r p h a n i n u m orphelin *baccalarem bachelier ornamentum ornement
*canabaria chènevière Senaparias Sennevières Alamannia Allemagne Romanacum Romenay
L’orthographe des Serments de Strasbourg conserve encore a: salvament, salvarai, sagrament ; la Cantilène de Sainte Eulalie offre paramenz, à côté de bellezour, preiement. Le mot tiré de abbatia hésite au moyen âge entre e et a: abeie, abaie ; c’est la dernière forme qui l’emporte dans l’orthographe. Au cours du moyen âge, l’e contrefinal s’amuït, surtout après une liquide: alebastre > albâtre; voir § 291.
Cas isolés. Dans quelques mots où l’a est précédé ou suivi d’un r, la voyelle a disparu de bonne heure (comp. § 260): mirabilia (§ 151) > merveille, Oratorium > Auroir (Ozoir), Camaracum > Cambrai. Monasteriuin, mot demi-savant, est devenu moutier par un intermédiaire monisterium (?£ ministerium > métier). Sur No va vil la > Neuville, voir § 514; pour sevrer, voir § 254.
Mots d’emprunt. Amateur, anathème, aquarelle, avanie, avarice, avarie, barcarolle, cabaret, charlatan, citadelle, créateur, esplanade, fondateur, marabout, matamore, médicament, monacal, mortadelle, paradis, parapet, prédicateur, préparer, ricaner, séparer, vagabond, vitalité, etc. Dans quelques mots italiens, l’a contrefinal est devenu e: casamatta > casemate, fuma roi a > fumerole ; ajoutons salamandre, dont on avait au XVIIe siècle la forme collatérale salemandre ou salmandre (Richelel). Pour fantaisie, on disait autrefois fantasie.