III. CHANGEMENT DE LA PREMIÈRE VOYELLE
288. La voyelle finale d’un mot peut se changer en consonne devant la voyelle initiale du mot suivant; dans la prononciation familière, qui est devient [ k j t ] , il y a [ja], etc. (§274, et Manuel phonétique, § 79, Rem. 1). C’est cette prononciation que nous trouvons souvent dans les chansons en argot:
Y en avait pas deux comme lui pour
Vous parler d’sentiment d'amour,
Y avait qu’lui pour fair’ risette,
A la Villette.
(Bruant, Dans la rue, p. 2(î.)
Le même phénomène, appelé »Verschleifung« par A. Tohler (Vom franzôsischen Versbau 4, p. 72), se retrouve dans la vieille langue:
Vieil ça, .Jacob; qu’y a il en toi?
(MIT, II, v. 13974.)
Ht y a toujours beaulx dons en tiers.
(Guillaume Alexis, I, p. 29.)
Il n’y en a point en ma lignie.
(Picot et Nyrop, Recueil de farces, p. 141.)