SUBSTANTIFS DES DEUX GENRES
724. Nous allons donner ici un relevé sommaire des substantifs qui sont des deux genres dans la langue moderne, en excluant la plupart de ceux que nous avons déjà étudiés aux paragraphes précédents. Quant à ceux qui restent, on peut les diviser en deux groupes.
P Le premier groupe comprend les mots de même origine. Dans quelques cas un seul des genres est étymologique, tandis que l'autre est provoqué par un développement postérieur: un automne (au tu m nus) — une automne; dans d'autres cas les deux genres sont étymologiques: un exemple (exemplum) — une exemple (exempla), le cartouche (it. cartoccio) — la cartouche (it. cartuccia). Ajoutons les doublets le comté — la comté (§ 687), vfr. le salu — la salu (§ 680), on nous avons affaire à des mots primitivement distincts.
Remarque. Dans quelques cas isolés il n'y a, pour le sens, aucune dififérence entre les deux mots: un automne — une automne. Ordinairement les doublets ne sont pourtant pas synonymes. On s'est servi du changement de genre pour exprimer une nuance de sens: un hymne — une hymne, un période — une période. Pour les mots où le double genre est étymologique, la différence de sens peut être considérable: le crêpe — la crêpe, le critique — la critique.
2^ Le second groupe comprend des mots d'origine absolument diverse, rapprochés par les hasards du développement phonétique: un aune — une aune, le coche — la coche.
725. Dans quelques cas le même mot primitif s'est développé de deux manières différentes, et chaque forme a eu son genre.
en même temps qu^il y a eu une différenciation de sens. Ci<tons comme exemple pampre et pampe. Ces deux mots dérivent du lat. pampinus, devenu pampne d'où soit pampre (comp. ordinem > ordre; I, § 327,») soit, avec amuîssement de la consonne, pampe (comp« I, § 361, >, Rem. 2). Le premier de ces mots a gardé le genre latin, le second est devenu fé^ minin. Il faut ajouter que Cotgrave donne la pampre et que Hichelet (1680) remarque: ^Quelques vignerons que j'ai vus sur ce mot le font masculin, mais mal. Tous ceux qui parlent bien et que j'ai consultés font sans contestation le mot de pampre masculin.*