Le suffixe -ie ne s'ajoute qu'aux noms
1^ Dérivés d'adjectifs: courtoisie^ félonie ^ folie , jalousiey maladie y sotie. On n'emploie plus: briconie, coardie, estoutiey friandie, manantie, etc.
2^ Dérivés de noms communs: baronniey bourgeoisiey chapelleriey châlelleniey compagnie, librairiey mairiey seigneurie, tyrannie. On n'emploie plus: ancesseriey bougreriey marchandiey mestrie, paienniey prodomie, renardie, ribaudiey etc.
3^ Dérivés de noms propres: Normandiey Picardie; Lombardie, GermaniCy Russiey Moscouiey Bosnie, Bulgariey Moldavie.
243. De nos jours le suffixe -ie est à regarder comme mort; il a été supplanté par -erie (§ 393). Le groupe malade— maladie n'a plus de force analogique; de rosse on ne peut tirer que
rosserie^ jamais rossie. Cependant il est possible de citer quelques formations isolées créées au XIX* siècle:
Acrobatie^ tiré d'acrobate (dxQoparog), sur le modèle de aristocrate — aristocratie, démocrate — démocratie.
Histrioniey tiré de histrion; ce mot, qui est dû à M.É.Montégut, a un caractère marqué d'archaïsme.
Offenbachie, tiré d'Offenbach; la forme en -le a été préférée probablement pour éviter ce qu'un mot tel que offenbacherie aurait de méprisant.
Formations analogiques.
P lE est d'origine analogique dans oublie^ altération de Tancien oublée qui dérive du lat. ecclés. obi a ta, proprement 'chose offerte'. Poulie^ altération de l'ancien poulée (voir Romania, XXVII, 485).
2** lE a été supplanté surtout par -erie (§ 394): diabiie > diablerie, rarement par -ise (§ 272): marchandie (encore conservé dans les parlers locaux) > marchandise,