‹ Grammaire historique de la langue française (volume 3)Chapitre 34 sur 124 · Le suffixe -ie ne s'ajoute qu'aux noms · texte numérisé non relu

Le suffixe -ie ne s'ajoute qu'aux noms

1^ Dérivés d'adjectifs: courtoisie^ félonie ^ folie , jalousiey maladie y sotie. On n'emploie plus: briconie, coardie, estoutiey friandie, manantie, etc.

2^ Dérivés de noms communs: baronniey bourgeoisiey chapelleriey châlelleniey compagnie, librairiey mairiey seigneurie, tyrannie. On n'emploie plus: ancesseriey bougreriey marchandiey mestrie, paienniey prodomie, renardie, ribaudiey etc.

3^ Dérivés de noms propres: Normandiey Picardie; Lombardie, GermaniCy Russiey Moscouiey Bosnie, Bulgariey Moldavie.

243. De nos jours le suffixe -ie est à regarder comme mort; il a été supplanté par -erie (§ 393). Le groupe malade— maladie n'a plus de force analogique; de rosse on ne peut tirer que

rosserie^ jamais rossie. Cependant il est possible de citer quelques formations isolées créées au XIX* siècle:

Acrobatie^ tiré d'acrobate (dxQoparog), sur le modèle de aristocrate — aristocratie, démocrate — démocratie.

Histrioniey tiré de histrion; ce mot, qui est dû à M.É.Montégut, a un caractère marqué d'archaïsme.

Offenbachie, tiré d'Offenbach; la forme en -le a été préférée probablement pour éviter ce qu'un mot tel que offenbacherie aurait de méprisant.

Formations analogiques.

P lE est d'origine analogique dans oublie^ altération de Tancien oublée qui dérive du lat. ecclés. obi a ta, proprement 'chose offerte'. Poulie^ altération de l'ancien poulée (voir Romania, XXVII, 485).

2** lE a été supplanté surtout par -erie (§ 394): diabiie > diablerie, rarement par -ise (§ 272): marchandie (encore conservé dans les parlers locaux) > marchandise,

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