‹ Grammaire historique de la langue française (volume 3)Chapitre 50 sur 124 · Substitution · texte numérisé non relu

Substitution

1^ La langue populaire substitue parfois -ique à -isque; on entend dans Targot de Paris astérique et obélique pour astérisque et obélisque.

Remarque. Inversement -isque se substitue à -ique. Odalisque est pour odalique. La forme primitive est odalik qui reproduit fidèlement le turc odalik (odalylc). Elle a été employée par Antoine Bauderon de Sénecé {mort en 1737) qui écrit dans un de ses contes: Je veux d'abord, dit-il, épouser quatre femmes, avoir deux cent chevaus, au moins trente odaliks, cent valets, six sérails, dix ou douze chiffiks [altération du turc tcbiftlili, ferme, métairie], le reste à l'avenant {Œuvres choisies, Paris, 1855. P. 126 — 127). La forme analogique odalisque a été employée déjà par Fermanel dans ses Voyages du Levant (1664).

2^ II y a parfois hésitation entre iqucy -esque, -ien, -an. Citons: aristophanique — arisfophanesque ; don-juanique — don-juanesque; monarchique — monarchien; mahométique (Garnier, Bradamante^ v. 34) — mahométan.

327. ISME remonte au latin -Ismus (gr. -la^oç). Les mots d'emprunt en -isme se montrent déjà au moyen âge: Aphorisme, barbarisme, catéchisme, christianisme , embolisme, exorcisme, paienisme. etc.; et on a continué à en adopter jusqu'à nos jours: archaïsme, atticisme, cynisme^ idiotisme, paganisme (qui remplace paienisme), etc.

Formes élargies. A côté de -isme, on trouve quelques formes élargies: -tisme dans bondieutisme , vogoutisme (§ 89); -icisme (tiré de anglicisme, gallicisme, classicisme) dans celticisme, platonicisme, romanticisme, russicisme (§ 330, s) ; -ianisme (tiré de cartésianisme, voltairianisme) dans baudelairianisme, bohémianisme, parnassianisme, victorianisme, etc. (§ 330, ?) et quelques autres.

Orthographe. Si le mot primitif se termine par -g, on écrit -gsme i^onr -isme: Bovary — bovarysme; dandy— dandysme. Après le succès d'Antony, le fameux drame werthérisant d'A. Dumas père (1831), on créa le mot antonysme,

328. Sur le modèle des mots d'emprunt cités on a créé un très grand nombre de dérivés français en -isme. Ces formations nouvelles datent surtout de la Renaissance, où elles fourmillent dans les auteurs savants; c'est au XVI* siècle qu'on a créé calvinisme, épicurisme, francisme, gallicisme, gasconisme, grécisme, hébraîsme, huguenotisme, italianisme, jésuisme, pédantisme. La création de mots en -isme continue dans la période classique; au XVII* siècle appartiennent anachronisme, cromwellisme , déisme, héroïsme, péripatétisme , philosophisme; au XVIII% anglicisme, atomisme, civisme, éléatisme, fédéralisme, fétichisme, leibnitzianisme.

329. Les dérivés modernes en -isme sont fort nombreux, et leur nombre augmente tous les jours. On applique notre suffixe, également apprécié dans la langue savante et dans la langue vulgaire, aux noms communs simples et composés, aux noms propres et aux adjectifs:

1^ Dérivés de noms communs: Absinthismey alcoolisme, altruisme (A. Comte), amateurisme, animalisme, archaïsme, atavisme, athéisme, athlétisme, automobilisme, banditisme, barbarisme, bouquinïsme, bromisme, cabotinisme, capitalisme, chéquardisme, crétinisme, despotisme, étgmologisme, fonctionnarisme (Bourget), gourmetisme, impressionnisme, inouïsme, ironisme, jingoîsme, journalisme, laquaiîsme, lorettisme, maniérisme, monosgllabisme, muflisme (Flaubert), naturisme, nihilisme, obscurantisme, panamisme, panmuflisme (Flaubert), papisme, parnassisme, pétrolisme, pignouflisme (Flaubert), rastaquouérisme, reporterisme, sanscritisme, satanisme, sublimisme, symbolisme, troubadourisme, vaudevillisme.

2^ Dérivés de noms propres: Alphonsisme (Bourget, Pastels, p. 78), bonapartisme, bouddhisme, césarisme, chauvinisme, cromwellisme, darwinisme, donjuanisme, don quichottisme, fourriérisme, mahométisme (comp. § 330), ossianisme, platonisme, spinozisme, trissotinisme, etc. Ajoutons quelques formations récentes: Boulangisme, déroulédisme, dregfusisme, ibsénisme, panurgisme, zolisme, wagnérisme,

3® Dérivés d'adjectifs: Bilinguisme, cagotisme, cléricalisme, exclusivisme, fatalisme, libéralisme, militarisme, puérilisme, purisme, sentimentalisme, servilisme, sincérisme.

4^ Dérivés de mots composés et de phrases (comp. § 41): Autrechosisme, basbleuisme, beaupérisme, bondieutisme, bongarçonnisme, chatnoirisme, fortengueulisme, mauvaissujettisme, piedplatisme (Barbey d'Aurevilly), jemenfichisme (atténuation euphémistique pour jemenfoutisme).

330. Doublets. Beaucoup de mots en -isme se présentent sous une double forme; dans quelques cas isolés l'usage a donné à ces doublets des acceptions' différentes (allemandisme — allemanisme, russisme — russicisme), mais ordinairement ils présentent absolument le même sens. Rappelons à ce sujet quelques vers de Musset:

C'est le point capital du mahométanisme.

Diable! j*ai du malheur, — encore un barbarisme! On dit mahométisme, et j'en suis bien fâché.

(Namouna, l, str. 73.)

1*^ Allemandisme — allemanisme, normandisme — normanisme (§ 86), goncourtisme — goncourisme (§ 102).

2^ Eunuchisme (eunuchismus; sur c/i, voir I, § 119) — eunucismey grécisme — gréquismcj pétrarquisme — pétrarchisme,

3^ Autoritarisme — autoritairisme (§ 48, «).

4^ Égoïsme — égotisme (emprunté de l'anglais), loyalisme — légalisme; vfr. paienismey remplacé par paganisme,

5® Celtisme — celticisme^ électisme — électicismey helvétisme — heloé^ ticisme, platonisme — platonicisme^ romantisme — romanticisme,

6^ Cosmopolisme — cosmopolitisme^ jésuisme (employé au XVI* siècle)— jésuitisme, préraphaélisme — préraphaélitisme^ hgbrisme — hgbridisme.

T^ Antinomisme — antinomianisme , kantisme — kantianismey lockisme—lockianismey newtonisme — newtonianismey parisisme — parisianismey parnassisme — parnassianisme , victorisme — Victorianisme,

8^ Décadisme — décadentisme y décentralisme — décentralisationnismey mandaïsme — mandéïsmey sabaïsme — sabéîsme.

331, Signification. Le suffixe -isme désigne:

1® Des notions abstraites: archaïsme, barbarisme, héroïsme, pédantisme, etc.

2^ Des doctrines philosophiques, politiques, religieuses, artistiques: calvinisme, darwinisme, jansénisme, wagnérisme, boalangisme,

3® Une tournure propre à une langue: Florentisme, gallicisme, latinisme, picardisme, serbisme, suécisme, toscanisme, wallonisme.

332. ISTE reproduit le latin -ista (du grec lazrjç), qui désigne des personnes agissantes. Il fut très employé dans la langue de l'époque chrétienne: baptista, evangelista, legista, psalmista, etc., et son emploi est toujours allé en augmentant; il est de nos jours plus productif que jamais.

Cas isolés. Dans quelques mots -iste reproduit Titalien -Ista: duellista > duelliste, et l'anglais -ist: conformist > conformiste, essayist > essayiste, humorist > humoriste.

Formes élargies. A côté de -iste cfn trouve les formes élargies -iniste dans irvinguiniste de Irving (comp. plautiniste, de

plautinus, à côté de Plante) et -liste dsLUS alinéaliste (^ journalisiez criminaliste).

Orthographe. Si le mot primitif se termine par -y on écrit généralement -ysfe pour -is/e. Exemples: Fortnng — fortnnyste; Gréuy— gréviste; Ferry ^ fer ryste, etc. On trouve pourtant champfleuriste, cluniste (comp. § 327).

Remarque. Au lieu de -iste on trouve parfois en ancien français -istre avec un r adventice (cf. I, § 504,8): alchemistre, batistre, choristre, evangelistrtj legistre, salmistre, etc.

333. Les mots d'emprunt en -iste remontent au moyen âge ; citons comme exemples archemiste, decretalisie, choriste, evangeliste, juriste, légiste, organiste, psalmiste. D'introduction plus récente sont antagoniste, anabaptiste, catéchiste, épigrammatisie, exorciste, panégyriste.

A côté des mots empruntés directement au latin ou au grec, on trouve un très grand nombre de créations françaises en -iste. Au moyen âge et au XVI* siècle appartiennent anatomiste, annaliste, artiste, cabaliste, calviniste, canoniste, casuiste, déiste, droguiste, herboriste, humaniste^ humoriste, jésuiste (§ 330, e), luthérisie, machiavéliste, oculiste, papiste, rabbiniste, sorboniste, etc. Des XVIP et XVIII* siècles datent académisies, anarchiste, apanagiste, apologiste, archiviste, botaniste, bouquiniste, buraliste (§ 74, Rem.), capitaliste, chimiste, congréganiste, ébéniste, fataliste, fleuriste, janséniste, journaliste, humoriste, machiniste, monarchiste, moraliste, nouvelliste, optimiste, parodiste, publici$te, quiéliste, royaliste, séminariste, etc., etc.

334. Au XIX* siècle, le nombre des dérivés en -iste a considérablement augmenté, et de nos jours on en voit surgir de tous côtés, le suffixe -iste jouissant d'une très grande popularité. On l'adapte surtout aux noms, rarement aux verbes.

1^ Dérivés de noms communs (français et latins): Abstentionniste, aquarelliste, autographiste, automobiliste, bouquiniste, buriniste, caricaturiste, communiste, congressiste, couriériste, cycliste, dragiste (qui fabrique des dragées), décembriste, équilibriste, essayiste, étalagiste, étatiste, excursionniste, fantaisiste, féministe (créé par A. Dumas fils en 1852 dans VHomme-Femme p. 91), gréviste, hautboïste, impressionniste, ironiste, légumiste, lundiste, motocycliste, opiumiste, ornemaniste (§ 9l5), pastelliste, portrai-

turiste, prosaïste (V. Hugo), samedisie {Revue critique, 1900, II, 355), soiriste, tsariste, turfiste^ utopiste, vaudevilliste.

2^ Dérivés de noms propres: Boulangiste, darwiniste, dregfusiste, flgariste, gambettiste, gréviste, hébertiste, irwinginiste, ingriste, kneippiste, méliniste^ panamiste, moliériste^ rolandiste, ropsistey verlainiste, wilsoniste,

^^ Dérivés d'adjectifs: Centraliste, futuriste, frivoliste, impérialiste, légitimiste, nationaliste, positiviste, rougiste, socialiste, unitariste.

4® Dérivés de mots composés, de phrases et d'adverbes: Aujourdhuiste, champ-demarsiste, entfactiste, état-majoriste, faitdiversiste, nature mortiste, plein airiste, quatre-vingt-neuviste, verslibriste, jemenfichiste,

5® Dérivés de verbes: arriviste, engagiste,

335. Formations analogiques. Le suffixe -iste a été remplacé par 'ite (§ 340, s) dans jésuiste > jésuite. L'ancien spiritiste a et? remplacé par l'anglais spirite.

336. On trouve un petit nombre de synonymes en -iste, dus ou à des emprunts aux langues étrangères ou à des procédés de dérivation particuliers. Les voici par ordre alphabétique: Chambriste—camériste (emprunté de l'esp. camarista). Décadiste—décadentiste. Éventaliste (Furetière), remplacé par éventailliste. Lendemainiste — lendemaintisie (§ 89). Médaliste (XVII* siècle), remplacé par médailliste. Mogenâgiste (usité de 1840 — 1850), remplacé par médiéviste, Vériste — vérétiste. Rappelons aussi bagliste et beyliste. On évite généralement dantiste à cause de l'odieux calembour avec dentiste.

337. Concurrence de formes. Comme les suffixes -eur, -eux, 'ien, -ier, -isant peuvent avoir le même sens que -iste, on trouve souvent plusieurs formes du même mot présentant tantôt l'un, tantôt l'autre de ces suffixes. Nous allons citer un certain nombre de ces doublets qui sont, le plus souvent, absolument synonymes; dans quelques cas seulement ils présentent une différenciation de sens.

1® Bourdonniste — bourdonneur; cornemusiste — cornemusear (cornemuseux) ; détailliste — détailleur; dialoguiste — dialogueur;

médailliste — médailleur ; monologuiste — monologueur ; portraitiste —portraiteur ; potkiste—polkeur ; treillagiste — treillageur.

2^ Académiste — académicien; baconiste — baconien ; dantoniste — dantonien; landerniste — landernien; ludoviciste (élève du lycée St. Louis) — ludovicien (partisan de Louis Bonaparte); nietzschiste —nietzschéen; normaliste — normalien. Nie. Oresme, dans sa traduction d'Aristote, dit doriste, frigiste, lydiste^ pour dorien, phrggien, lydien; on a dit de même luthériste, pour luthérien; par contre chronologien a été remplacé par chronologiste. Comp. enfin machiniste et mécanicien.

39 Bulletiniste — bulletinier; éventailliste — éventaillier ; fait-diversiste — fait-diversier ; jardiniste — jardinier; marronniste — marronnier; nature-mortiste — nature-mortier; prébendiste — prébendier.

4^ Arabiste — arabisant; celtiste—celtisant; germaniste — germanisant; hispaniste — hispanisant; slaviste—slavisant^ etc.; tous ces mois sont synonymes. Gréciste et latiniste présentent une autre signification que grécisant et latinisant.

338. Signification. Le suffixe -iste désigne ordinairement un homme qui, de quelque manière, s'occupe de l'objet indiqué par le radical, en le vendant, le fabriquant, le produisant, le professant, le cultivant, etc., etc.: Bandagiste^ bouquiniste, calembouristey médailliste, aqua-fortiste, archiviste, journaliste, royaliste, bonapartiste, darwiniste, etc., etc.

Remarque. Comme terminaison des >nomina agentisc -ier (§ 251) est à peu près synonyme de -isie. Pourtant ce dernier suffixe indique parfois une position sociale plus élevée que le premier; comp. la différence entre jardiniste et jardinier.

339. ITE. Ce suffixe savant, d'un emploi assez varié, lire son origine de difiérentes terminaisons grecques ou grécolatines. Il reproduit le grec -ivrjg: alfiatkTjg > hématite, ^aAaxi'^^S y malachite, etc., le grec -îtig: dç&QÎtig > arthrite, veipçî- %ig > néphrite, etc., le gréco-latin -ita employé dans le latin ecclésiastique: cenobita ) cénobite, sodomita ) sodomite.

340. Le suffixe -ite a été utilisé dans de nombreuses créations nouvelles appartenant surtout au langage technique.

P Ite (de -izrjg) sert dans la nomenclature minéralogique et chimique: anthracite, azurite, chalcite, chlorite, franklinite, fui-

gurite, graphite, humboldtite, lyddite, mélanite, uranite, etc. Une des dernières créations est sorbiérite, sucre extrait des baies du sorbier,

2^ Ife (de -ÎTig) est très employé dans le langage médical où il forme des substantifs féminins désignant Tinflammation des parties du corps indiquées par le radical: appendicite, bronchite, cotite, conjonctivite, cystite, entérite, hépatite, laryngite, méningite, péritonite, etc.

3^ Ite (de -ita) s'attache aux noms propres et désigne un partisan de la personne en question: Adamile, barnabite, hussite, jacobite, jésuite (a remplacé jésuiste, employé jusque dans le XVIP siècle), etc. Cet emploi est encore vivant, comme le montrent boulangite (Villatte) et ibsénite, quoiqu'on se serve ordinairement du suffixe -iste.

341. ITE reproduit le latin -itas (-itatem). On le trouve dans beaucoup de mots d'emprunt: absurdité, activité, agilité, aménité, animosité, antiquité, atrocité, calamité, civilité, dignité, éternité, félicité, fidélité, etc. et dans un très grand nombre de créations françaises tirées exclusivement d'adjectifs. Notons que la terminaison de quelques-uns de ces adjectifs subit divers changements: -able abilité (inviolable — inviolabilité),

'ible ibilité (aperceptible — aperceptibilité), Aque icité (catholique — catholicité); enfin la forme populaire -el est échangée contre -al (actuel ~ actualité), et -ain est remplacé par -an (mondain — mondanité).

342. ITION. Ce suffixe se trouve dans un certain nombre de mots d'emprunt: audition (auditio), perdition (perdilio), pétition (petitio), répétition (repetitio), sédition (seditio), vendition (venditio), etc. Les formations nouvelles ne sont pas très nombreuses; nous ne saurions citer que endormiiion (L. Bocquet, Albert Samain, p. 117) et futurition.

343. ITUDE reproduit la terminaison latine -(i)tudo. Nous le trouvons dans beaucoup de mots d'emprunt: aptitude, certitude, habitude, latitude, rectitude, etc. Les créations françaises ne sont pas nombreuses. Les voici: Décrépitude, tiré de décrépit avec haplologie de -it- (voir § 80), remonte au XIV*' siècle. Esclavitude, Exactitude remplace, malgré Vaugelas (I, § 69),

exactete et exaciesse. Platitude remonte au XVIP siècle. Vastitude est dû à Chateaubriand. Sur foultitude, voir I, § 527, 2.

344. ITURE reproduit le latin -itura (dans la formation populaire, cette terminaison a été remplacée par -atura > -ëure > 'Ure; § 296). Les créations françaises oîi se trouve -iture ne sont pas très nombreuses; on ne saurait guère citer que confiture, fourniture, garniture, investiture, pourriture.

345. OL et OLE (ou OLLE) sont des suffixes de signification et d'origine différentes selon les mots où ils se trouvent. Sur la forme allongée -erolflje, voir § 397.

1^ 01 (au féminin -oie) était au moyen âge une forme collatérale' de 'Uel, -eut (§ 227); à côté de aïeul -e, chevreul, filleul -e, lorieul, on trouve aïoU cheurol, fillol -e, loriot. Ces formes savantes ou dialectales n'ont pas duré; remarquez pourtant qu'on a dit fillol jusque dans le XVII* siècle (I, § 177). Le suffixe -0/ (-oie) était très peu productif; on peut citer comme créations françaises vfr. bannerole (de bannière), remplacé par banderole (de bandière), vfr. maillol (de maille)^ vfr. fuirole > fur oie (de fuir), vfr. faverole > fèverolle (de fabaria), paillote, menue paille (L'Escoufle, v. 5231).

Formations analogiques. Le suffixe -0/ a été remplacé par 'Ot dans loriot et maillot, dont les anciennes formes sont loriot et maillol (cf. § 291).

2® 01 est d'origine méridionale dans campagnol (it. campagnuolo), romagnol (it. romagnuolo), espagnol (esp. espaûol); sur le modèle de ces mots, où -0/ marque la provenance, on a formé cévenol (de Cévennes). Rappelons aussi rossignol.

346. Ole (-olle) se trouve dans un certain nombre de mots d'emprunt; il a été peu productif en français.

1® Mots d'origine méridionale, surtout italienne: barcarolle (it. barcarola), barquerolle (yen. barcaruola), cabriole (it. capriola), casserole (it. cazzarola), escarole on scar(iJole (it. scariola), étudiole (it. sludiolo), fumerole (it. fumarola), fusarolle (it. fusaruola), girandole (it. girandola), girole (prov. giroulo), gondole (it. gondola), luciole (it. lucciola), rabiote (prov. rabiolo).

2^ Mots savanls: Alvéole (alveolus), aréole (areola), auréole (auréola), bradéole (bracteola), cornéole (corneola), faséole (faseolus), glaréole (gl areola), lancéolé (la n ce o la), lauréole (laureola), malléole (malleolus), vérole (variola), etc. Bestiole (bestiola), fasciole (fa s ci ol a), foliole (foliolum), gloriole (gloriola), gratiole (gratiola), pétiole (petiolus), variole (variola), etc.

3^ Mots français. On ne peut signaler qu'un nombre restreint de mots nouveaux formés à l'aide de -oie (-éole^ -iole) et tirés de mots français ou de thèmes latins; ils appartiennent tous, comme le montrent les exemples suivants, à la langue savante: Aranéole (de aranea), aster iole (de asteria), flavéole (de fia vu s), nivéole (de niveus). Absidiole (de abside)^ artériole (de artère), coquelachioley gaudriole (dér. plaisamment de gaudir)y herniole (de hernie), roséole (de rose), rougeole (de rouge),

347. OSE reproduit soit le grec -(ûaig: alfidzcoaiç > hématose, dfiavQwaiç > amaurose, èyxvficjoig > enchgmose, etc., soit le latin -osus (dont la forme populaire est -eux; § 232): morosus > morose, nivosus > nivôse, pluviosus > pluviôse, ventosus > ventôse, soit l'it. -oso: grandioso > grandiose, virtuoso > virtuose,

348. Le suffixe -ose est devenu d'un emploi étendu dans la nomenclature technique.

1® Ose (de -waig) sert dans la nomenclature de la médecine où il désigne les affections qui peuvent atteindre la partie du corps indiquée par le radical: Dermatose, gastrose, névrose;, chlorose.

2^ Ose (de -osus) sert dans le langage chimique: Cellulose, glucose, ichthyose, maltose,

349. ULE remonte au latin -ulus, -ula, -ulum. Il se trouve dans beaucoup de mots d'emprunt: formule (formula), libellule (libellula). Dans les créations françaises, peu nombreuses, -ule s'ajoute tantôt à un radical latin: florule (de flore), ovule (de ovum), tantôt à un radical français: antennule, criticule (Concourt), veinule (O. Mirbeau).

Forme élargie: -icule (voir § 406).

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