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Sources des nouvelles prépositions

1° Préposition -f- préposition ou adverbe. Ex.: Ab ante

> avant; ad prope > vfr. apruef; de ex(?) > dès; de us que

> jusque; in versus > envers. La tendance à remplacer

une forme simple par une forme composée n’est pas propre au latin vulgaire: elle se constate aussi à travers toutes les périodes du français, jusqu’à la langue actuelle, où par ex. outre cède la place à en outre de (voir III, § 617). Rappelons

que de se combine souvent avec une autre préposition (ou

adverbe) pour en fortifier le sens: d’après , d'avec , dedans , d'entre, dehors, depuis, derrière, dessous, dessur , dessus, devers

Il s’ajoute .également à la préposition: hors de, près de, proche de, avant de (sur le modèle de loin de).

2° Substantifs. Signalons d’abord foris, qui se retrouve dans fors et hors (§ 109, 110); ensuite casa et latus, qui, de très bonne heure, ont servi de prépositions; ils se retrouvent en français dans chez et lez. Ajoutons que, dès les plus vieux textes, on a formé des locutions prépositionnelles à l’aide d’un substantif complément d’une préposition. On trouve ainsi par ex. en tor la cité, en sum le mur, à val l'ewe, et même par en sum le col (Ambroise, Guerre Sainte, v. 10073). Quelques-unes de ces locutions ont disparu, d’autres sont restées, d’autres ont changé de forme; ainsi entour a été remplacé par autour de et à l’entour de (comp. au travers de). Le nombre des locutions prépositives modernes formées à l’aide d’un substantif est très grand. Nous citerons: faute de, grâce à, rapport à, eu égard à; ci cause de, à force de, à l'encontre de, à l’insu de, à l'aide de, à défaut de, au lieu de, autour de, de peur de, en dépit de, en présence de, par rapport à, etc. Ce procédé de formation était général déjà au moyen âge. Quelques-unes des vieilles formations, comme a lei de, ont disparu; mais les pertes ont vite été réparées. La dernière création moderne est histoire de.

3° Adjectifs. Citons lonc (§ 114) et sauf (dont l’emploi prépositionnel a amené l’invariabilité; cf. V, § 76) et proche (de). Un adjectif fait partie des composés malgré, atout, parmi: comp. aussi le long de. Sur plein, voir V, § 76.

4° Participes passés. De très bonne heure on a donné à un participe passé la fonction d’une préposition: press uni > près, rasum > rer. Ce procédé s’est continué jusqu’à nos jours: attendu, excepté , hormis, passé, vu, etc. (pour les détails, voir III, § 621). Primitivement le participe passé se fléchissait; on a dit exceptée ma soeur avant de dire excepté ma sœur (voir V, § 77).

5° Participes présents transitifs ou intransidfs. Ex.: concernant, joignant, moyennant, suivant, touchant, durant, nonobstant, pendant. On dit ainsi une loi concernant les impôts, une maison joignant le théâtre, moyennant cet argent, durant la guerre, etc.; pour les détails, voir III, § 620. Exemple littéraire: Il faut nonobstant tout avoir pitié de vous (Molière, Tartufe, II, sc. 4). Plusieurs des termes cités appartiennent

au style du Palais et de la chancellerie. H. de Balzac s’est servi du tour nonobstant les ordonnances de police ( César Birotteau, p. 91); mais ce tour ne se trouve que dans le style archaïque du droit, et en fait il n’existe plus.

6° De tout temps les adverbes ont servi de prépositions et vice-versa. En renvoyant à ce que nous avons dit plus haut (§ 46), nous rappellerons que les particules après, avec, contre, devant , derrière, outre, pour, près fonctionnent des deux manières.

Remarque. La plupart des prépositions qui existaient dans la vieille langue se sont conservées jusqu’à nos jours: à, après , chez, contre, outre, par, parmi, près, etc.; un tout petit nombre a disparu: atout, dedans, estre, lez, o(t), rière, très, etc.

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