CHAPITRE I
»B L'ACCENTUATION DBS DÊIUViS.
Les suffixes latins peuvent être rangés en deux catégories : les suffixes accentués: mori alis, /iwm-anus, vulg-Siùs, etc., — les suffixes inaccentués ou atones: d5-ïnus, pôrt-icuSy md6-ïlis.
Les suffixes latins accentués persistent en français: morf-el, /iwm-ain, vuJg-aire, Une fois en possession de
ACCENTUATTON DES DÉRIVÉS. ^"'S
ces suffixes {el, ai/i, aire)^ notre langue les emploie à former des dérivés nouveaux, en les ajoutant à . de mois qui ne les avaient point en latin : c'est par des additions de cette nature, qu*ont été formés les mots tels que visu-ely loint-ain, visionn-airej dérivés créés de première main par la langue française.
Les suffixes atones latins, tels que as-inus, port-icus, jud'icem, s'éteignent tous en passant en français* par une conséquence naturelle de la loi de Taccent (voyez l'explication de ce fait, p. 121;) as-inus donna âne; porl-icus, porche; jud-icem, j'^ge. — Ces suffixes n'avaient donc plus la force de servir à la création de nouveaux dérivés ; ce ne fut que plus tard que les savants ne comprenant plus le rôle de l'accenî, latin dans ces désinences, calquèrent niaisement la forme latine, en l'accentuant à faux, et en déplaçant l'accent. On eut alors des mots tels que portique (porticus), mobile (mobilis), fragile (fragilis)', mots formés contrairement au génie de notre langue, mots barbares qui ne sont ni latins, ni français, et qui tiolent les lois d'accentuation de l'un et de l'autre idiome.
On distingue les suffixes français en nominaux fsubstanlif et adjectifs) et eu verbaux. Dans chacune de ces catégories, nous étudierons successivement les
4. VzT /rançaU y enienis toujours l'eDicmble des molsde formaliou •^ponlanéfl ei populaire, par opposition ani mots savants introduits positivement dans la langue,
2. Notre ancienne langue, qqi obscnrait lonjours U loi de persistance de l'accent, disait au lieu de portique, mobiU y fragile j porche [porlicu»)^ meuble (i»?<^ii7ù), frêle (/rdgiliê).
suffixes accentués en latin, et les suffixes atones, ayant soin de rejetepsévèrement tout mot introduit dans notre langue postérieurement à son époque de formatiôii.