p. 4S3 et sunantet
5. le ne parle foiDt id des modiflcationt lecondairea qui Turen le« coDkéqaences àt la mort de notre déclinaison. On les trouver ailleurs aux chapittes des pronoms (p. 4>0}» des adjectifs (p. 474), der tr'.Terbes (p. 2:>0).
français à l'état analytique du français moderne, a si rapidement vieilli notre ancienne langue et creusé entre elle et le français moderne une démarcation bien plus profonde que celle qui existe entre le vieil italien et ritalien moderne.
Il serait puéril de regretter l'existence de cette déclinaison. Utile en son temps, comme halte nécessaire de la langue dans sa marche vers l'analyse, la demi-déclinaison devait disparaître, comme avait disparu la déclinaison à six cas. La nature ne procède jamais par sauts brusques, mais par des changements lents et gradués : dans la transition du latin au français, c'est la déclinaison à deux cas qui a servi d'intermédiaire entre la déclinaison à six cas du latin classique et la forme moderne.
On voit une fois de plus par cet exemple que la marche de la langue et celle de l'histoire politique sont parallèles. Au quatorzième siècle, l'édifice social, élevé parle moyen âge, s'affaisse de toutes parts, l'esprit féodal est en pleine décadence : après Philippe le Bel, Charles V va venir, qui portera à l'indépendance des seigneurs et du clergé un coup fatal, et préludera à la réforme de la monarchie administrative, réforme qu'achèveront Louis XI, Richelieu et Louis XIV. En même temps que la société féodale, l'ancien français se transforme à son tour, pour répondre aux besoins d'une société nouvelle. Le quatorzième siècle tout entier est employé à ce laborieux enfantement : l'esprit analytique, l'esprit moderne gagne rapidement du terrain : le français du douzième siècle possédait une déclinaison il deux cas et des dialectes; le quatorzième siècle aban-
donne les uns et les autres : c'est ainsi que débarrassée de ses cas d'un côté, do ses dialectes de l'autre, notre langue arrive au quinzième siècle. Le vieux français a mis un siècle à mourir, le français moderne va mettre un siècle à naître (le quinzième). A cette langue nouvelle correspond une France politique nouvelle. Après les malheurs et les hontes des Valois, l'esprit moderne tend à s'organiser ; la Renaissance commence à poindre.
La langue forte et expressive de Gommines est bien près de la nôtre. On peut mesurer le rapide cheminque le français a parcouru en deux siècles : à la mort de Louis XI, la France était organisée, et la langue moderne presque achevée.
Le seizième siècle dans ses premières années n'inaugure rien de nouveau, mais il assure et confirme la langue du quinzième siècle. Le français, tel qu'il nous apparaît dès 1 535 dans le célèbre manifeste de Calvin [l'Institution delà Religion chrétienne) , est déjà complètement mûr : c'est là un excellent instrument pour tontes les nuances de l'expression; il semble que notre idiome est fixé, et si la langue française était restée dans cet état, il est clair que le dix-septième siècle et Malherbe n'auraient rien eu à reprendre ; mais elle fut gâtée et compromise par une invasion extravagante de mots étrangers, empruntés à l'italien, au grec et an latin.
Les nombreuses expéditions de Charles VIII, de Louis XII, de François I*» au delà des monts, le séjour prolongé de nos armées en Italie, avaient rendu
l'italien très-familier en France. Le brillant éclat que jetaient les lettres et les arts dans la Péninsule séduisaient les esprits, en même temps que la régence de Catherine de Médicis donnait le prestige de la mode à tout ce qui était italien*. Cette influence italienne est toute-puissante sur la cour de François I" et d'Henri II, et les courtisans, après l'avoir subie, veulent à leur tour l'imposer à la nation. C'est alors qu'apparaissent pour la première fois dans les écrits du temps, une foule de mots jusque-là inconnus : les termes d'art militaire que notre langue avait toujours employés, heaume^ brandy haubert, etc., sont bannis, et remplacés par les mots correspondants italiens, que les guerres d'Italie avaient propagés dans nos armées : c'est de ce temps que datent les expressions telles que carabine (carabina) , cation (gabbione), escadre (scadra), parapet (parapetto), estrapade (strappata, fantassin (fantaccino), infanterie (infanteria), citadelle (cittadella), estramaçon (stramazzone), alerte (all'erta}, embuscade (imboscata), etc.... Cette manie d'italianisme excitait justement l'indignation d'un contemporain, Henri Estienne : « D'ici à peu d'ans, s'é- « criait -il, qui ne pensera que la France ait appris c l'art de la guerre à l'école de l'Italie, quand il verra .< qu'elle n'usera que des termes italiens*? »
Tandis que Catherine de Médicis importait chez nous les termes de cour, courtisan (corligiano), affuU