‹ Grammaire historique de la langue française. PréfChapitre 8 sur 168 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION. XVII · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION. XVII

k M. Brachet qu'à étudier la composition et la dérivation; ce qui revient à passer en revue les parties ajoutées à une racine pour en modifier la signification parties dites préfixes quand elles la précèdent, et suffixes quand elles la suivent. C'est l'objet du troisième et dernier livre de la Grammaire historique.

Les détails de cette étude sont très nombreux; ils valent, par leur groupement, par leur exactitude, par leur précision. Ces qualités appartiennent à l'esprit et à la méthode de M. Brachet. Gela dit, j'y prendrai deux suifixes, ai du futur et ais du conditionnel, pour appeler l'altention des curieux sur cet échantillon du travail qui be oassa lorsque les langues romanes se développèrent du latin.

Dans ce développement, avoir un futur n'était point sans ouelque embarras. Cantabo aurait donné facilement chanteve; mais celui-ci se confondait avec l'imparfait cantabamy donnant aussi chanteve (d'où chantoity aujourd'hui chantais). Même l'italien, bien que meilleur conservateur des finales, se tirait mal de cet similitudes. On a un exemple des confusions qui se préparaient en voyant dans l'ancien français j'crc, eram^ et j'cre, ero^ oe qui n'a pas peu contribué à établir le futur distinct je serai. Mais la difficulté devenait insurmontable pour les autres conjugaisons ; legam et ser^ viam, en raison de l'accentuation et de la chute ou de l'assourdissement des syllabes atones, ne donnaient pas d'autre forme que celle que donnaient lego et *erio. Dans cette situation, les langues romanes (je dit es langues romanes, car cela se passa à la fois en

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