‹ Grammaire historique de la langue française. PréfChapitre 80 sur 168 · SINGULIER · texte numérisé non relu

SINGULIER

Ego-/«

tii —tu

Me —me

te —te

M! —moi'

tibi — toi

nie —il, Illa —elle.

rilum— f«, ïWam — la.

lia —lui.

PLURIEL

SoJET Nos —nous vos — vous] nu — ils.

Régime direct... Nos — »iou« vos — tous Ml os.— t^», illas — elles.

Jusqu'à la fin du treizième siècle, la déclinaison à deux cas fut soigneusement observée; /e (ego), tu (tu), t/((lle), servirent exclusivement à exprimer le sujet, — me (me), te (te), le (illum), le régime direct, — moi (mî), toi (tibl), lui (illi), le régime indirect. — Tandis

t . Moi (rot) , toi (libi), toi (tibi) , étaient en onzième liéclc m/, ti, si. C'est par l'adjonciion du sanize «n à cette forme ancienne qu'on été formés les pronoms possessifs mi-en, ti-en, si-en. — Tout au ontraire de l'asage moderne, les pronoms possessifs étaient suivis, u moyen Ige, de l'objet possédé; on disait : le mien frère, la mienne terre, un tien vassal, etc. Cette règle disparut ou quatorzième siècle; il nous en reste quelques traces dans les expressions sutvantes ; un mien cousin, le tien fropre, une sienne tante, etc.

2. Illos a aussi donné eux» qui était êU an Ireixiime siècle. plus aneiennemenl ii*

que nous disons, par une faute étrange, moi qui /w, ioi qui chantes, lui qui vient, mettant ainsi le régime à la place du sujet, — Tancien français disait correctement ;e qui lis (ego qui lego), tu qui chantes (tu qui cantas), il qui vient (ille qui venit), etc.... C'est seulement à partir du quatorzième siècle que s'obscurcit la distinction du sujet et du régime, et que la confusion commence ; nous n'avons plus aujourd'hui de forme spéciale pour le sujet, puisque dans certains cas nous le rendons je^ tu, il, dans d'autres par moi, toi, lui. — Un débris de l'ancien usage est resté dans la formule de pratique : Je, soussigné, déclare....

Bien que la formation des pronoms personnels n'offre aucune difficulté, nous dirons quelques mots de leur origine et de leur développement :

1» Je et ego qui semblent si fort éloignés Tun de l'autre, ne sont qu'un seul et même mot. Je est jo dans les textes du treizième siècle, Yiliehardouin, par exemple ; — au dixième siècle, il est io, et nous ne trouvons plus que la forme eo dans les fameux serments de 842 : eo salvarai cestmeon fradre Karlo (ego salvabo eccistum meum fratrem Karolum). — E{g)o a perdu g et est devenu «o, comme li{g)o est devenu lie, ne{g)o nie, m(^)fi//a, nielle, ^t(y)an(cm, géant, etc.... Quant au changement de eo en to, les exemples en sont fort nombreux* — io est devenu jo, comme Dib'ionem esl devenu Dijon, et gobionemy goujon. Sur le changement très- régulier de i en j voir page 115

fl. Voir page Ile.

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