PRONOMS INDÉFINIS
pour complément autrui qui veut dire proprement de l'autre, et qui par suite n'avait point d'article dat'S notre ancienne langue : on disait le cheval autrui ou mieux Vautrai cheval (alteri equus), pour : le cheval d'un autre.
Chaque. Les formes que ce mot a successivemem revêtues sont, au treizième siècle, chasque et plus anciennement chesque, qui n'est autre que le latii' 'lUisquCj lequel a donné quesque puis chesque. — Par /addition du mot un, on obtient le composé chasqu'un qui dès le quatorzième siècle s'écrivait déjà chacun, et représente quisque-unus, *
Maint, qui veut dire nombreux ^ vient de l'allemand manch^ qui a le même sens.
MÊME. L'histoire de ce mot est un exemple fort curieux de la contraction qu'éprouve le latin dans son passage au français. Même qui s'écrivait au seizième siècle mesme, au treizième meesme et me'isme, était à rorigine medisme. Or medisme n'est autre chose que le latin vulgaire metipsimUrSy employé par Pétrone, ûonlraction du superlatif metipsissimus qu'on trouve dans le latin classique sous la forme d'ipsissimusmet, ce qui veut dire tout à fait le même. On a vu au cha pitre des superlatifs (page 167) comment les suffixe 3n issïmus avaient été contractés en ismus par le latin vul.aire, et avaient fourni à notre ancienne langue des superlatifs en isme-
1 . Les formes sout jioar le gotliiiiue ma/taffs, pour le vieil liaut allemand manac.
'^2 j'ï^oAÎONi
Nul, du latin nullus, avait pour accusatif nuUiti, comme cely cet, autre étaient au cas-régime celut cctuiy autrui.
On, qui était au douzième siècle oniy et plus ancien nement hom, n'est point autre chose qu'homo,. et veut dire proprement un homme. « On lui amène son destrier, » c'est-à-dire un homme lui amène son destrier.
A l'origine les deux sens (homme et on) étaient confondus, et le mot om servait pour les deux cas : on disait au sens de homo : li om que je vis hier, est mort, —et au sens àedicitur: li om dit que nous devons tous mourir. La traduction moderne dans le premier cas est : Yhomme que je vis hier, etc., dans le second: Von dit que, etc....
Onj comme nous le voyons, était originairement substantif ; dès lors rien d'étonnant à ce qu'il soit précédé de l'article (l'on).
Plusieurs, à côté duquel coexistait la forme plU' rieurs f vient du latin pluriores.
Quant. Le latin quantus, a, donna au vieux français le pronom quant y e. Le féminin qui a disparu du courant de la langue moderne est resté dans Tex pression toutes et qualités fois.
Quelque (du h qualisquam). Quiconque vient de qaicumque^ et Quelconque de qualiscumque.
Au moyen âge l'expression quelque... que était inconnue, on employait dans ce sens, et avec plus déraison l'expression quel.,, que: « A auelle heure queie