A. DEGRÉ
Plus, moins, autant, aussi.
456. La forme de la comparaison est très di fie rente suivant qu'il s'agit :
i° de la supériorité ou de l'infériorité (plus, moins);
'2° de l'égalité (autant, aussi;.
i° Supériorité, infériorité.
457. PRINCIPE. Quel que soit l'équivalent latin de plus ou de moins (i), la proposition subordonnée est toujours introduite par quam. *
Pauius doctior est | quam Petrus, Paul est plus savant que Pierre.
Petrus minus est doctus | quamPaulus, Pierre est moins savant que Paul, de même :
Moins de fruits que de
fleurs.
Plus de fleurs que de
fruits.
Paul est plus estimé que
Pierre.
Pauciôres fructus quam flores.
Plures flores quam fructus.
Pauius pluris œstimâtur quam Petrus.
etc.
458. Dans la phrase latine, comme dans la phrase française, la subordonnée a toujours un certain nombre de mots sous -entendus ; il faut les rétablir par la pensée pour bien voir la fonction du mot exprimé.
1 Voir n05 78 et 276 les différents équivalents latins de plus, moins, autant, aussi, suivant les mots qu'ils modifient.
Par exemple, dans la phrase ci-dessus, Paul un doctior est quam Petrus, on sous-entend dans la 2e proposition les mots est doctus. Petrus est au nominatif parce que c'est le sujet.
De même :
Plus amo Paulum | quam Petrum (s. ent. : amo , J'aime Paul plus que (je n'aimej Pierre. Emit equum meliôrem | quam tuus est, il a acheté un cheval meilleur que m'est; le tien.
En français, on sous-entend dans ce cas le verbe être ; en latin, on exprime suni, es, est.
459. Si le premier terme de la comparaison est une proposition intinitive, le sujet de la 2e proposition est à l'accusatif comme le premier :
Credo | Paulum doctiôrem esse | quam Petrum (s. ent. : credo esse doctum>, je crois que Paul est plus savant que Pierre.
460. Après un comparatif en -ior (~ius), le nom qui constitue le second terme peut être un simple complément à l'ablatif (v. 422)> a ^a condition que, dans la tournure par quam, il eût été sujet soit au nominatif soit à l'accusatif (accusatif sujet d'une proposition infmitive) :
Doctior est petro, il est plus savant que Pierre = il est plus savant par rapport à Pierre. — § [\ii.
481. Si, après un comparatif en -ior -ius . le second terme de la comparaison est un adjectif, il est au comparatif en latin.
Felïcior est quam prudentior, il est plus heureux que prudent.
21cj
Mais il n'en est pas ainsi quand on se sert Je magis:
Magis est strënuus quam prùdens, il est plus brave que prudent.
Magis, exprimé dans le premier membre, est sousentendu dans le second.
20 Égalité.
462. PRINCIPE. Le corrélatif relatif de la subordonnée se modèle toujours sur V antécédent. Ainsi :
a tant à tantum à tanti à tôt à talis à is à idem à toties
correspond
quam, quantum, ( aussi quanti, ( autant
quot, qualis,
que.
tel. ..que.
qui. l
qui, le même que.
quoties, toutes les fois
que.
Exemples.
Tantum aquœ quantum
ci ni, Tanta prudentia quanta
fortitùdo, Tam pradens est quam
fortis, Tôt fructus quot flores,
autant d'eau que de vin.
autant de prudence que
de courage, il est aussi prudent que
brave, autant de fruits que de
fleurs.
Talis est filins qualis
pater, ou Is estfilius qui pater,
Iisdem libris utor quïbus tu, (s. ent. : utëris = dont tu te sers. )
le fils est tel que le père
je me sers des mêmes livres que toi.
Remarques. I. — On voit par les deux derniers exemples qu'avec is et idem, la subordonnée de comparaison prend la forme d'une relative par qui (quœ, quod). — Voir plus loin, §§ 484 et suiv., la proposition relative.
II. — Avec idem et avec les adjectifs ou adverbes qui expriment la différence ou la ressemblance, tels que : alius, autre, aliter, secus, autrement, similis, semblable, dissimilis, différent, similiter, pariter, œque, semblablement, également, la phrase de comparaison se construit le plus souvent au moyen de deux coordonnées par ac ou atque :
Aliter loquitur ac sentit, il parle autrement qu'il ne pense ( = il parle et il pense de façon différente.) ou bien :
Aliter loquitur, aliter sentit, 1 littéralement : il parle d'une manière 1 aliter, il pense d'une autre (aliter).
463. Le français peut transformer en indépendantes la principale et la subordonnée des phrases du § 462. par la répétition du mot antécédent et le renversement des propositions. Ainsi :
Autant. ..que devient au tant... autant, tel... que — tel.. .tel:
La phrase // est aussi prudent que brave devient :
autant il est brave, autant il est prudent.
De même, en latin, Tant prùdens est quam for fis devient :
Quam for tis, tam prùdens est.
Le fils est tel que le père = tel père, tel fils.
En latin :
Quàlis pâter, tâlis fïlius ou qui pâter, is fïlius.
En latin, la proposition subordonnée ne devient pas indépendante, mais, comme en français, on la place la première.
464. A la formule française d'autant plus... que plus correspond en latin eo plus...quo plus :
Il est d'autant plus modeste qu'il est plus savant.
Eo modes tior est quo
doctior.
Littéralement : il est plus modeste en proportion que (eo quo) il est plus savant.
Le suffixe -ior = plus.
De même pour d'autant moins :
Il est d'autant moins savant quil est moins modeste.
Eo minus doc tus quo minus môdestus est.
On traduit toujours plus ou moins suivant les mots quïls accompagnent, ainsi :
Il est d'autant plus estimé Eo plûris œstimâtur quo
qu'il est plus honnête.
mëlior est.
Remarque. — A eo...quo on peut substituer hoc. .qao ou tanto . . .quanto .
465. I. — Si le second terme de comparaison ne contient pas de comparatif, quo est remplacé par quod ( = parce que) :
Hoc major gloria est quod soins vici, ma gloire est d'autant plus grande que j'ai vaincu seul.
II. — Si l'ordre des propositions latines est renversé, on traduit en français par deux propositions coordonnées au moyen des locutions plus... plus; moins... moins : Quo doctior, eo môdestior est, plus il est savant, plus il est modeste.
III. — Pour la formule/)/».? on... plus on, on ajoute quis ( = aliquis, quelqu'un; après quo :
Quo quis doctior, eo môdestior est, plus on est savant, plus on est modeste.
On peut en ce dernier cas remplacer le comparatif par le su£>erlatif:
Quo quis doctissïmus, eo modestissïmus est.
Autres formules :
Ut quisque doctissïmus, ita modestissïmus est (y. 466), ou
Doctissïmus quisque modestissïmus est (i5a).