LE COMMANDEMENT, LA PRIÈRE
490. Tandis que l'impératif français a une forme unique, l'impératif latin en a deux, une pour le présent, une pour le futur (i).
L'impératif futur s'emploie pour prescrire ce qui doit s'exécuter plus tard. Voilà pourquoi il est toujours employé dans les traités, les testaments, les articles de loi.
Il s'emploie aussi dans les préceptes généraux, les sentences :
Ignoscïto semper altéri, nunquam tïbi, pardonnez toujours aux autres, jamais à vous-même.
A la 3e personne, l'emploi de l'impératif futur est extrêmement rare.
Remarque. — On peut adoucir ou renforcer le commandement et en faire ainsi soit une prière soit une invitation pressante :
i° prière :
a) par l'addition de quœso = je t'en prie, s'il te plaît.
Scribe mihi, quœso, écris-moi, je t'en prie.
b en se servant du futur de l'indicatif :
Valêbis meaque negôtia vidëbis (Cic), porte-toi bien et occupe-toi de mes affaires.
Tout cela est d'ailleurs absolument conforme à l'usage français.
2° Invitation pressante :
a) par l'addition de fac, fais en sorte, ou de cura, aie soin :
Fac venias, fais en sorte de venir.
b) par l'addition de quin :
Quin tu hoc audi [Ter.), écoute-moi donc.
(i) Nous continuons à nous servir, pour nous conformer à l'usage général, de la dénomination d'impératif présent et d'impératif futur. En réalité, en dehors de la distinction exposée ci-dessous, -les auteurs emploient indistinctement l'une ou l'autre forme, souvent dans le même passa^ei
491. Pour le commandement négatif ou défense, le latin emploie :
i pour la 2e personne :
a.) Quelquefois l'impératif, mais presque toujours le parfait du subjonctif avec la négation ne :
Ne credidëris, ne crois pas.
b) L'impératif du verbe nolo = je ne veux pas, noli, nolite, suivi de l'infinitif commandement adouci :
Noli despicëre paupëres, ne méprise pas les pauvres.
2° pour la ire personne, le présent du subjonctif :
Né mentiâmur, ne mentons pas.
3° pour la 3; personne, le présent du subjonctif et, surtout dans les textes de loi, l'impératif futur :
Ne dubitet. qu'il n'hésite pas.
Mortuum homïnem in urbe ne sepelito nëve urïto. L. des XII TabL), qu'on n'ensevelisse ni ne brûle <ou on n'ensevelira ni ne brûlerai un mort dans la ville.
Remarque. — Deux coordonnées de défense se joignent par nëçe, non par nëque.
Le souhait.
492. Le souhait s'exprime par le subjonctif. On ajoute souvent utïnam.
I. Le subjonctif est au présent ou au parfait quand la personne qui fait le souhait le conçoit comme réalisable :