‹ Grammaire latine: simple et complète, pour toutes les classes (1er et 2eChapitre 139 sur 160 · PRÉCISION DES TEMPS · texte numérisé non relu

PRÉCISION DES TEMPS

204. A côté de la règle de la concordance des temps, il y a en latin l'habitude de la précision des temps.

Le latin emploie le temps qui traduit précisément le rapport vrai des actions entre elles.

I. P. — 'Ces règles peuvent être considérées comme une application du principe d'accord : le la'An fait non seulement l'accord des genres, des nombre», des cas, me '.s encore l'accord des temps et des modes.

Il exprime donc plus exactement que le français le passé, le présent, le futur.

1° Le passé :

Oculi, quocumque inci&erunt, vident... m. à m. les

regards , partout où ils ont été portés, voient. En franc. : Partout

où l'on porte les regards, on voit...

(Le latin exprime donc précisément les temps, puisque le fait d'être porté est passé quand le fait de voir se produit.)

2° Le présent :

Exciderat puppi, dum sidéra serval, m. à m. u était

tombé de la poupe, tandis qu'il observe les astres En franc. : Il

était tombé, tandis qu'il observait...

(Le latin exprime donc précisément les temps, puisque le fait d'observer était présent quand le fait de tomber s'est produit.)

3° Le futur :

SperO me aSSeCUturiim, m. h m. j'espère moi devoir obtenir. En franc. : J'espère OBTENIR.

(Le latin exprime donc précisément les temps, puisque le fait d'obtenir est futur par rapport au fait d'espérer.)

Hune librum si legeris, laetabor, m. à m. si tu auras lu

ce livre, j'en serai charmé. En franc. : Si tu LIS Ce livre, j'en

serai charmé.

(Ici encore le latin exprime précisément les temps, puisque le fait de lire sera un passé quand le fait d'être charmé se produira.)

N. B. — Parfois la précision des temps s'oppose à la concordance des temps, ou inversement*. Dans ces oppositions, c'est tantôt l'une, tantôt l'autre qui l'emporte :

Sensit quanta vis conscientiae esset, m. à m. il sentit combien était grande la force de la conscience. En franc. : il sentit combien est grande...

La concordance des temps l'a emporté sur la précision des temps qui eût exigé le présent , car la a force de la conscience » est un fait toujours présent.

Mais c'est la précision des temps qui l'emporte dans l'exemple inverse :

Cognovit quantum in bello fortuna poss/t, il connut ce que pbot la fortune dans la guerre;

et surtout dans :

Exciderat puppi, dum sidéra serrât.

I. P. — 'L'application de ces régies délicates (§ 203, 204, 205) est une des plus grandes difficultés de la syntaxe latine.

Attraction modale.

205. Le verbe qui dépend d'un autre verbe à l'inflnitif ou au subjonctif est volontiers lui-même au subjonctif.

Il y est obligatoirement s'il fait partie d'une proposition absolument nécessaire au sens de la proposition principale.

Et cela quand même, en vertu d'une des règles précédentes, le verbe devrait être à l'indicatif :

Quidvis perpetitur, dum quod velit consequa-

tur, il souffre tout pourvu qu'il obtienne ce qu'il

VEUT. (Od aurait, sans subjonctif : Consequ/ïw quod Vu/t.) DISCOURS INDIRECT.

206. Les règles du discours indirect sont une application des règles de l'attraction modale.

En effet :

Volo, inquit, je veux, dit-il; Ite, inquit, allez, dit-il,

qui sont du discours direct, deviennent en discours indirect :

Dixit se velle, il dit qu'il voulait.

Dixit irent, il dit qu'ils allassent.

Les propositions, qui étaient indépendantes dans le discours direct (volo, ite), deviennent dans le discours indirect des propositions à Yinfinitif (quand elles étaient affirmatives) ou au subjonctif (dans les autres cas, c'est-à-dire quand elles étaient impératives, interrogatives, etc.).

En conséquence, par attraction modale, tous les verbes des propositions subordonnées sont, dans le discours indirect, au subjonctif :

Aristoteles ait bestiolas quasdam nasci quae unum diem vivant, Aristole dit qu'il naît des insectes qui ne vivent qu'un jour.

N. JB. — Le style indirect, (juand il est employé, annule, pour ainsi dire, toutes les règles précédentes d'après lesquelles les verbes sont à l'indicatif, auquel il fait toujours substituer le subjonctif.

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