‹ Grammaire latine: simple et complète, pour toutes les classes (1er et 2eChapitre 5 sur 160 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

allées droites et larges, non un bois où Ton se perd dans d'inextricables sentiers »- (Vessiot.)

C'est dire, en même temps, dans quel sens elle est complète. On a trop souvent confondu les grammaires avec le dictionnaire, le traité de synonymes, le cours de phonétique; À e recueil d'irrégularités, etc., etc. D'où leur encombrement L'infini du détail, quand on y entre, est un véritable engrenage. Il faut s'en jtenir aux règles générales. Ce n'est donc pas en se perdant dans l'infini du détail, mais en montrant ou élargissant la portée des ensembles, que cette Grammaire s'efforce d'être complète.

Ainsi conçue cette Grammaire est courte, mais elle a besoin d'être toute sue. Elle est un minimum , mais un minimum indispensable. Elle est donc dans l'esprit des réformes, je dirai mieux, dans l'esprit du siècle, s'il est vrai que le mouvement de la civilisation nous oblige de plus en plus à apprendre les mêmes choses que nos aïeux en moins de temps et par des procédés plus simples 1 .

Elle s'adapte encore aux réformes en se donnant pour but de préparer directement à la version, ou mieux à l'explication des textes, car, dès la sixième, les programmes portent : « L'explication des textes sera le principal exercice de la classe. » — De plus, s'il est vrai, comme disait Burnouf, « que la grammaire est la logique des enfants », nous nous sommes efforcé partout de solliciter et d'exercer la raison des élèves, qui ne trouve nulle part plus de satisfactions que dans l'étude de la langue latine. Et pour cela enfin, et parce que ces buts étaient très élevés, nous avons cherché les moyens pratiques les plus modestes et quelquefois presque puérils.

On reconnaîtra que cette Grammaire est faite pour la version, d'abord à sa réduction au minimum nécessaire pour aborder le plus tôt possible l'étude des textes, ensuite à la rédaction des règles présentées généralement comme des faits et non comme des conseils de thème, à l'ordre des

1, Pourquoi ne pas dire qu'en composant cette Grammaire j'ai été confirmé dans mes intentions de simplification par les théories d'un de nos écrivains les plus modernes, du pédagogue des Lettres à Françoise, plaidant pour les livres d'études simples et substantiels, et ajoutant : « Le livre scolaire bien fait convient à tous les Âges, moins approfondi d'abord, pénétré plus tard jusqu'au fond. »

X PHÊFACE.

exemples où le latin précède toujours le français, à l'importance spéciale donnée à Tordre des mots, à l'élimination de certaines règles spéciales au thème, etc., etc. Sans doute, elle ne nie ni n'oublie l'importance du thème ; elle s'efforce même de le seconder. Nul ne saura bien une langue, s'il ne s'eit essayé à récrire; et le thème est très utile, ne serait-ce que pour conduire à la version. Mais avant tout, cette Grammaire aidera à comprendre le plus tôt possible la * langue austère des faits et des devoirs », et par suite toute Tu humanité » qu'elle a exprimée.

De plus, cette Grammaire voudrait et être elle-même une gymnastique intellectuelle et aider l'élève à trouver dans le îatin la meilleure des gymnastiques intellectuelles. On s'est adressé partout à la raison autant qu'à la mémoire. L'étude du latiu est une province de la logique plus qu'une série d'habitudes mécaniques. Aussi, tout en supprimant ailleurs, on a ajouté le plus possible des explications pour la raison. Mais alors, pourquoi ne pas donner, à propos des formes, des explications morphologiques? Parce qu'il a semblé (peut-être à tort) que la phonétique pouvait moins servir à la formation logique de l'esprit que la syntaxe. On l'introduira, si l'expérience en prouve la nécessité. Mais ce sera déjà un perpétuel effort logique pour l'élève que l'explication des règles par la pensée exprimée, la subordination des règles particulières aux règles générales, le passage régulier du connu à l'inconnu et du simple au composé, la recherche de Tordre des idées dans Tordre des mots, etc., etc. Un souci d'éducation logique explique toute cette Grammaire et ses méthodes actives. La règle n'y est jamais faite pour endormir Tin tel licence dans une tranquille possession, mais pour exciter et mettre en branle l'action de l'intelligence. Avec leur tendance au moindre effort, les élèves aspirent à des règles mécaniques qui les dispensent de penser. C'est fort heureusement impossible. A chaque page, nous avons voulu provoquer l'effort intellectuel, non seulement laisser, mais encore amorcer un rôle actif à la fois pour le maître et pour l'élève. Puisse ainsi le latin être reconnu et pratiqué comme une de ces « laugues bien faites » auxquelles se réduisent, suivant Condjiluc, « l'art de penser et même celui de raisonner » !

Et ce recours perpétuel à la raison n'est-il pas le meilleur

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