FOUCAUD
Observons que, malgré le recul de l'accent, la voyelle radicale reste ici toujours la même, au contraire de ce qui se passe au présent de l'indicatif et du subjonctif; ainsi l'on dit poudio non pôdio, voulio non vôlio, etc. — Remarquons encore que ce recul de l'accent n'a jamais lieu au conditionnel. Ce temps, la syrénèse s'y étant naturellement produite comme à l'imparfait, reste, par conséquent oxyton à toutes les personnes et dans toutes les conjugaisons : voudriô, chantariô, etc.
La même cause (synérèse nécessaire de deux voyelles con-
el au quand elles perdent l'accent. Dans d'autres dialectes de la langue d'oc, par exemple en rouergat , c'est en oi que ai s'affaiblit, mais non pas généraleçnent. {Yoir Revue des langues romanes, lll, ^bb.)
sécutives), à laquelle s'est ajouté un instinct particulier de régularité ou, si Ton veut, d'uniformité, a produit également le recul de l'accent dans les verbes en iâ, ouâ f=ir. ter, ouerj aux formes à flexion sourde de leur conjugaison : Desfie de desfiar, parexemple, devenu déifié, a dû paraître irrégulier, et, pour le rendre normal, on a fait reculer Faccent sur la diphthongue initiale, qui s'est en conséquence renforcée en m*; de là daifie, et pareillement maîfie de meifiâ, daivoue de deivouâ^ remercie de remercia, sûcie de suciâ (fr. soucier), où fie, voue, cie, ne forment respectivement qu'une seule syllabe atone*.