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CHAPITRE DEUXIÈME PRÉPOSITION

La préposition a fait moins de pertes que Tadverbe, en passant du latin à la langue d'oc. A côté des anciennes particules de ce genre qui sont restées en usage, nous en avons de nouvelles, formées, soit de noms ou de participes, soit de prépositions ou d'adverbes réunis ensemble. Je ne séparerai pas les unes des autres dans les listes qui vont suivre.

Les prépositions servant à marquer des rapports divers, temps, lieu, cause, etc., on pourrait les classer, comme les adverbes, d'après leur destination. Mais, comme cette destination varie pour plusieurs, une pareille division ne pourrait être faite avec rigueur. Je me bornerai donc à les énumérer suivant l'ordre alphabétique, sauf à m'écarter de cet ordre pour ne pas séparer celles qui ont la même origine ou une signification analogue.

1. A, devant les voyelles ad^. Cette préposition prend à Tulle, devant les consonnes, unen euphonique^, qui quelquefois même s'adjoint une?." ondun ôme =^ à un homme.

2. Avan, formé de ab ante. Le simple anz {ante), aujourd'hui périmé, n'était qu'adverbe. Avan a formé, avec de, davan, qui est aussi adverbe. Ce dernier marque un rapport dans l'espace, avan un rapport dans le temps. — Composés de davan : per davan, ou davan de.

3. CIm. C'est le datif de casa, par lequel le français a également remplacé apud. Cette préposition se trouve déjà plusieurs fois (sous la forme chas) dans un des plus anciens monuments de notre dialecte et de la langue d'oc, la traduction

» Autres fermes anciennes particulières aux dialectes méridionaux : as, az, mémo alz, adz dans quelques textes.

' Ceci est très-commun dans les dialectes plus méridionaux, comme le languedocien et le provençal. Los exemples en sont déjà très-nombreux dans les textes du XV' siècle. J'en trouve aussi dans des chartes auvergnates du Xin« et du XIV» siècle. (Voy. Meyer, Recueil, p, 171, n' 55, ligne 1 ; Guerre de Navarre, à l'appendice, p. 777).

de rÉvangile de saint Jean, et elle est fréquente dans les documents limousins des XIV^-XVP s. Je ne l'ai pas remarquée dansd'autres textes anciens. — A casa se rattachent aussi, dans le provençal moderne, enco de; dans le languedocien, aco de, synonymes de notre châ.

4. CoMmo (lat. cum). L'o( =a) final est paragogique et relativement récent. Les formes classiques sont corn, cum, con très-fréquentes dans quelques textes, par ex. les biographies des troubadours. Le plus ancien exemple que je connaisse de la forme moderne se trouve dans le Ludus sancti Jacohi, texte provençal de la fin du XV® s.: soleta coma los chins (v. 222).

Coumo a pour synonyme en, devant une voyelle end, qui n'est autre que l'ancien am (amh, ahe=apud), dont l'a s'est affaibli, par suite peut-être de quelque confusion avec en=-in. Le même affaiblissement de Va de la préposition am se remarque souvent en Provence {eme, em.be) et en Languedoc *, où elle a pris également le d euphonique {end), qui a été muni ensuite d'un e paragogique, d'où ende. — A Tulle, am est encore devenu on, onc?, et amô y persiste sous les formes ombeet embe.

Le limousin n'emploie coumo qu'avec les personnes. Mais en sert avec les noms de choses comme avec ceux de personnes: au s'en vai en safenno; fendi^e dôu bouei end unochou.

Outre coumo eien, nous avons encore avèque, pris du français et qui sert aux mêmes usages que dans cette langue.

5. Countre. Outre la signification du latin contra, d'où elle vient, cette préposition a aussi et plus souvent celle de juxta, prope. L'ancien costa est périmé etjosta de même, ainsi que latz, prop, et son composé aprop. Pour ces deux derniers, nous avons prê {de) et aprê, également anciens d'ailleurs {près, après). Aprê tient lieu de post, dont le dérivé [pei) n'est plus

* On en trouve des exemples dès le XIV' s.Voy., par ex., Blandin de Cornouailles, vv. 427, 1463.— Dans la contrée de Toulouse, Va est resté pur : amb, ambe ; et, avec de préposé, dam {darnbé), formes très -usitées, dont la première donne souvent lieu, par suite do son identité de prononciation avec le r/an.^ français, à de singuliers quiproquo?, dans la bouche de ceux qui mêlent les deux lan|j;ues.

qu'adverbe, mais seulement en parlant du temps ou pour marquer le rang. Au sens de demère, post se rend par dai^ei (de ad rétro) : tu se darei me. — Composés de countre : de countre (à côté de), encountre et à tencountre de.

6. De. Rend à la fois de, ex et ab. De, joint à a, a donné da, forme propre aux dialectes plus méridionaux ( Languedoc, Provence) et qui se rencontre souvent dans les textes anciens, même littéraires, de ces dialectes.

7. Dei, anc. des, deis, aussi deus (de ipso). Même sens que le français dès : Dei km coumensamen (cf. Bv. de saint Jean, 13,33). Avec pois, des forma despois, deispueys, aujourd'hui deipuei, deipei = fr. depuis.

8. Din et dî [dintz et dis). Suivi d'une voyelle, din prend u euphonique : din-t-un an. On dit aussi, mais plus rarement,

en gardant Vs : dmsun an. ComT^osé dedin{dedî), aussi adverbe. J'ai déjà noté la péremption du simple intz. Dans l'ancienne langue, dedins pouvait signifier, selon qu'on en détachait le de ou qu'on ne l'en séparait pas, dans fin) ou de dedans (extra) *, 1" cas : dedins la gliesa {Flamenca, 2310); 2^ cas : sanz Macobris iyssi dedins son hermitage {Saint Honorât, -ç. 34.) Ce dernier emploi de dedins se rencontre encore quelquefois en limousin. Ainsi Foucaud : nei pâ yuelo de dî feitan; — cauque omide dî soun vesinage.

9. ^n(lat. in). Cette préposition a les mêmes emplois que j'en français. On voit par un texte dw^XVIP siècle, la Vie de sainte Valérie, qu'elle pouvait prendre alors le d euphonique {end un beu monumen l'an mey); mais on ne le lui donne jamais aujourd'hui, afin sans doute d'empêcher qu'elle ne se confonde avec en = am, qui, devant une vojelle, le reçoit toujours.

10. Entre {inter). Se présente quelquefois dans la vieille langue sous la forme antre, qui n'était pas étrangère au limousin, car on la constate dans de très-anciens textes en ce dialecte.

* Et pareillement dintz. Ex : aver trag la cor d'intz ïo ventre {Jaiifre.) — Dans quelques textes la préposition de est placée do préférence, en pareil cas, pour éviter probablement toute amphibologie, après dintz. Ex.; dintz d'enfer gitat (Sle Agnes, 1077); dinz de la ciptat (St Honorât, p.l84), dinz de la mar {ihid.. p. 144) ; etc.

332 IJBUXIEME PARTIE

Je ne sais si ce renforcement de Ye a lieu aujourd'hui encore en quelques endroits, mais à Nontron et dans tout le rayon que je connais, on ne ditque ent7'e.

Des synonymes deentre sont permiei [fr. parmi), déjà tel dans l'ancienne langue, etdemei, probablement de demest de fmixtoj, qui se dit en divers lieux, mais non à Nontron. L'ancienne langue avait aussi, avec la signification prépositionnelle, le simple mest.

11. Estiers (exterius)» Ce suppléant de prœter survit encore en bas Limousin. A Nontron on dit eissetâ (fr. excepté)*. Une autre façon de rendre prœter était d'employer sa/ (de salvum), à la manière 'du français sauf. Cet adjectif n'est plus usité de cette sorte que dans la locution consacrée saumo ta fetino {y o\r ci-dessus, pag. 87), où il se décline et où, par conséquent, il ne faut pas le considérer comme préposition.

Des équivalents de estiers sont les locutions (ne)., ma qnan, nou ma (Ex.: degu nou ma me = personne excepté moi), analysées dans le chapitre précédent, et sôco de, usitée en haut Limousin, mais que la variété nontronnaise ne connaît pas ou ne connaît plus. Sôco s'explique facilement, si on en rapproche la forme sownco des dialectes plus méridionaux, dont probablement elle dérive et qui est elle-même une altération de si nounque (peut-être sinoun que a, ce quijustiflerait To)'. Le de de la locution limousine aura été ajouté sans qu'on ait bien su pourquoi, la vraie signification de sôco n'étant plus sentie. Cf. du reste les expressions françaises telles que ce que c'est que de nous, où de après que est purement explétif.

* On trouve, avec l'aphérèse de l'e initial, Aepfaf, dans un texte du XIV* siècle. La vieille langue avait aussi eissetz, tiré directement, comme l'italien ecceto, de exoeptus, et part, qui est le substantif latin pars.

* Sounque existe concurremment avec sounquo dans le languedocien. Le dernier se lit déjà dans Goudouli. Quant à l'expression pleine si non que, on la trouve plusieurs fois, avec la signification du sounque vr.ofierne, dans la version en prose de la Croisade albigeoise, dans les Joyas del gaij saber et dans d'autres textes du XV* siècle. Ex. : Degu non era escapat. sinon que el {Croisade, p. 22); sino que capas negras {ihid., p. 30). Pour la rédii. tion dejioun à oun, voy. ci-dessus, pag, 327.

12. Jusqu'à, riu' on prononce plus souvent j urqu' a : Sinc. duesque (de usquej. Un sjnonjme plus usité en haut Limou?in est deicio, deicho (d'eici a) * / deicho démo (d'aici a demaj, litt. d'ici à demain. A d'eici on ajoute fréquemment anto, qui paraît être le même mot que Venta languedocien, dont il sera question un peu plus loin : deichanto ou foun dôu nâ (Foucaud). — L'ancien fruesca reste en bas Limousin sous les deux formes fresque et traiquo. (Cf. praito = presta).

Une locution elliptique de signification équivalente est saique, qu'on rencontre assez souvent dans les documents limousins des XIV»-XVP siècles, et que je crois aujourd'hui inusitée. Ex. : saique a las nossas (Lim. hist., p. 413), c'est-àdire [de] sai [trues] que a las nossas. Cf. àa.ns Flamenca, v. 119, de sai Adam, qui signifie, à la vérité, depuis (et non jusqu'à) Adam, mais qui s'expli(|ue par une ellipse semblable .

13. Môugrâ, anc. malgrat (de). Identique au franc, malgré. Ex.: môugrâ sa finesso, môugr^â tu. L'inverse, grâce à, se rend par Deû marce ( proprement Dieu merci), locution dans laquelle, grâce à l'habitude de joindre ensemble ces deux mots, la signification du premier a cessé d'être sentie, en sorte que le tout n'en dit pas plus que marce tout seul. Ex. : Deû marce lou boun Dî; Deïi marce la houno Vierjo;Deû marce vou* ; et même, en mauvaise part, ce qui est aussi quelquefois le cas du français grâce à : Deû marce lou couqui, la grêlo, lou meichan tem, etc. ».

14. Penden. Même sens et même origine que le français pendant : penden la messo. Remplace enfraàe la vieille langue, que nous n'avons plus.

* Synonyme Janguodocien, formé de la même manière avec aqui, daquio : daquio la garda { Augier Gaillard ) = jusqu'à la garde.

' On dit mieux : Deu marce la vôtro, ce qui rappelle l'ancionne formule la vostra merce. — Je remarquerai que, par suite de l'union en un seul mot de Deu et de marce, l'accent de co dernier a reculé de l'e final sur l'a pénultième : Deumàrce et non Deumarcé.

^ * Môme emploi de cette locution en Inn^ued^icien et en provençal. Ex : Dion merces la canaillo ( Augier Gaillard ). Elle y jono aussi, au moins dans ce dernier dialecte, le rôle de la conjonction quia : doumaci fasié sis obro == parce que, etc (A>mana prouvençau, 1875, pag. 46).

15. Per. Cette préposition, en limousin, et plus généralement en langue d'oc, traduit à la fois per et pro du latin, par et pour du français *. On a un exemple curieux de cette double signification dans le dicton suivant , que nous appliquons à ceux qui font un mariage d'argent, en jouant aussi sur le double sens de bé (bec et bien) : ou ne la pren pâ per râlo, au la pren per lou bé ; littéralement : il ne la prend pas par l'aile, il la prend par le bec (ou pour le bien).

Outre les significations àepar et de pour, notre per a encore celle de à l'époque de, fr. à, appliqué au temps; témoin ce proTerbe : Per sen José, — Leiroundelo vé ; — Per sen Benei, — Visa, vou la veirei *.

Per forme avec en une nouvelle préposition, en per, qui est aussi adverbe et qui signifie en échange, à la place de^. Cette préposition composée a existé aussi en français. Ainsi, on lit dans Elle \ met [ Antiquités de Saintes et de Barbezieux) : villes desquelles les noms ont été changés en pour les noms des gens de tout le pays. Il j en a même déjà plusieurs exemples dans Saint Alexis et dans le Psautier d'Oxford.

Per rend quelquefois à lui seul l'idée depropter. Mais l'équivalent le plus ordinairement employé de cette préposition latine est la locution per l'amour de, ou, plus fréquemment, sans l'article et avec aphérèse de l'a, per mour de *, dans laquelle, comme dans Deû marce, dont la fortune a été pareille et qui exprime à peu près les mêmes rapports, le sens fonda-

* Il est remarquable que ceux qui parlent mal le français, en transportant, comme il est naturel, dans cette langue, les habitudes de la leur, c'est-à-dire en réduisant à une seule les deux prépositions per et Tpro, sacrifient non pro à per, comme en limousin, mais per à pro. Ex.: il m'a pris pour la main ; j'ai passé pour Limoges.

^ Autre exemple tiré d'une vieille chanson, dont on remarquera la versification essentiellement populaire :

Quan nou soum per Pâquei, nou Boum ou printem : La rôso bontouno, la feûlho s'eiten.

3 Synonyme ou lio de, haut-lim. Ou lé de ; bas-lim., ei lé (el luec) de. » Sur cette locution, voy. encore Revue des langues romanes V. 228, note, et Ascoli, Schizzi franco-provenzali, pag. 42, note 2.

mental s'est assez oblitéré pour qu'on puisse l'employer en mauvaise comme en bonne part, avec les noms de choses ou les pronoms neutres, comme avec les noms de personnes. Ex.: per mour d'aquo. Des formes plus abrégées de la même locution sont, en languedocien, permo et pramo de. Sous sa forme pleine, on la rencontre déjà non rarement dans les anciens textes.

16. Quanta. Locution que possédait aussi l'ancienne langue. Le plus souvent on dit, par métathèse des consonnes, tan qu'a, ce qui est également très-commun dans un dialecte voisin de la langue d'oil (le saintongeais) : tan qu'a me. Equivalents : per en fé de (pour en fait de), et fia per^ qui se joint seulement au pronom me :

Te jure surmofe Que, fia per me, Degu n'en sôubran jamai re.

(Foucaud).

On dit aussi fio per me, en affaiblissant l'a en o. C'est le latin per me fiât détourné de sa signification propre, qu'il conserve pourtant quelquefois. Ex. : degu ne m'aido; quei tou fia (oxi fio) per me, c'est-à-dire : personne ne m'aide, c'est tout per me fiât [il faut que je fasse tout).

17. Seloun. C'est le français selon, entré dans la langue d'oc dès le XV* siècle au moins. On le trouve dans le Ludus sancti Jacobi fselo) . L'expression classique, conforme au latin, est segon. Je remarque à Montauhaii siboun, qui en provient peutêtre, moyennant une mutation inverse de celle qui a, dans prigoun = profundum, substitué la gutturale à la labiale.

18. Sen et sei (lat. sine). Le premier correspond à sens, le second à ses, que la vieille langue employait l'un et l'autre, concurremment avec une troisième forme senes. On trouve aussi dans les textes languedociens et provençaux s<?n5a, aujourd'hui senso^ sensé. L's finale de ces formes est celle dont il a été question au chapitre de l'Adverbe, pag. 315, et qu'avaient aussi reçue plusieurs prépositions. Sen et seis se montrent déjà trèsfréquemment dans les documents limousins du XIV® siècle.

^''^r, DEUXIEME PARTIE

10. Soû. De l'adverbe subtus, qui, dans le latin de la décadence, remplace déjà quelo[uefois sub. Formes anciennes: sotzfsozj, SOS, aussi sot, qui reste en Languedoc et en Provence {sont, soufo). Le composé dessoà (anc. desotz), qui est aussi adverbe, n'a, comme déjà souvent dans la vieille langue, que le sens du simple *: Dessoûla taulo. Cf. desot la vert foilla(Flaîïienca, v. 2679J. Synonymes : /oâ et dejoû, anc, jos et dejos : dejos terra {Lim. histor., pag. 634). Le second est aussi adverbe.

20. Subre i super) ^ -àuc. sobre, et sur, plus usité. Ce dernier ])rovient de sus, ou a été, peut-être, pris au français Composé : dessur, qui est à la fois préposition et adverbe et qui a la mémo signification que le simple : dessur lou champ {Sainte Valérie). LiO. vieille langue employait de même desobre avec la même valeur que sob7~e; ainsi Jaufre, p. 63 a : desobre la verdor.

Autrefois sus était ordinairement suivi de en: sus en la testa, sus els p?'atz [B. de Born). Le provençal moderne lui adjoint volontiers la préposition de : sus d'eu =sur lui; sus d'un auhre (d'Astros, Poésies provenç., p. 51).

2L Tru{tram), axic. iras =:fr. derrière, et quelquefois à côté, joignant. Ex. : trâ lou plai = derrière la haie; trâ lou mur ^.joignant le mur. Cette préposition n'est jamais employée de vaut les noms de personnes ou d'animaux. Dans ce cas on se sert, pour la première acception, de darei, dariê, bas-lim. dornié.

22. Ver {versus), anc. vers, ves, ce dernier souvent renforcé en vas dans les dialectes méridionaux. Composés: en ver (fr. envers), de ver (du côté de).

On trouve dans l'ancienne langue, outre deves, davasetdaus {dav{e)s), particuliers, u ce qu'il semble, à la Provence et au Languedoc. Le dernier persiste en Rouergue (voy. Peyrot, passim) et sans doute ailleurs.

Un synonyme de vers est, en Languedoc et en Gascogne. enta {inde ad probablement), par aphérèse ta, qui a aussi quel-

* Foucaud emploie quelquefois de soû. comme dp din, pour exprimer un mouvement vers l'extérieur : d'ovei, tira soun côu de soû mo den. Nous dirions aujourd'hui, à Nontron du moins, de dessoûma den.

quefois le sens de pour ou celui de chez. Cette préposition se rencontre déjà fréquemment, mais seulement sous la forme pleine, dans les textes anciens de ces provinces : entai rei/ {Guerre de Navarre, v. 1382;; enta nos = envers nous (Charte do 1226, dans VHist.du Languedoc, iom. III, preuves, n° 168). J'ai déjà dit que je crois la retrouver dans le deichanto{=- jusqu'à) du haut Limousin, qui serait alors pour d'aici enta. Un synonyme de enta qui paraît propre à la Grascogne et à la partie la plus voisine du Languedoc est cap a {cat a, cats a). On les unit quelquefois en une seule locution, Ex. : enta capat lou porge ( Armana gascoun, 1874), ce qui, étymologiquement, revient à inde ad caput ad porticum.

23. Viroun (anc. viron^ viro). Cette préposition ne s'applique plus qu'au temps, et elle est rarement employée seule ; on la double presque toujours de ver : ver viroun mieijour. On se sert aussi dans le même sens des composés enviroun, aviroun. Pour les rapports dans l'espace, on emploie seulement les locutions a l'enviroun de, ou enviroun de, autour de, cette dernière remplaçant l'ancien entorn, aujourd'hui périmé.

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