‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 16 sur 119 · II. — / après la tonique · texte numérisé non relu

II. — / après la tonique

L'e atone final est toujours tombé. Ex.: turrim, tour. — Pénultième entre deux consonnes, il est également tombé, selon

PHONETIQUE 39

la règle générale*, sauf le cas, assez rare, où il a été attiré par une voyelle antécédente. — Mais, suivi d'une autre voyelle, comme dans les mots en ius, ia, ium, il s'est, au contraire, presque toujours maintenu. Seulement il a été traité, selon les cas, de plusieurs manières différentes :

1° Il est resté en place, et la voyelle suivante, si elle était autre que a, est tombée. Si c'était un a, elle a persisté en formant avec l'e'une diphthongue. Ex.: necessarium, necessâri; — *olium, ôli; — Antonius, Tôni; — *novium, nôvi; — remedium, remêdi; — cavea, gabia, gâbio; — gloria, glôrio; — gratta, grâcio; — bestia, bêtio; — salvia, sauvio.

Exceptions : / est tombé ordinairement devant l'a final, après c ou ^ Ex.: malitia, maliço; — *fortia, forsa, forso; — audacia, ôudâço*; — sementia, semensa, semenso. — Après les mêmes lettres, Yi, devenu final, des mots en ius, ium, passe souvent à Ye. Ex. : servitium, servici, service; — vicium, vici, vice.

2° Après r, il s'est transposé fréquemment pour aller diphthonguer la voyelle antécédente, en se plaçant soit avant, soit après : avant si c'est â, qui alors devient e; après si c'est e ou o. Ex.: granarium, granier, graniê; — riparia, ribeira et ribiera, ribiêro; — féria, feira; — foria, foira, foueïro. — Si a reste a, la diphthongaison se fait en ai, non en ia. Ex.: *glaria, gliairo; — *aria (area), aira, dont nous n'avons plus que le diminutif eeraw.

3° Il s'est consonnifié, c'est-à-dire qu'il est devenu y {j latin) et, dans cet état, ou il est resté tel, ou il s'est durci en ji". Mais cette dernière mutation et ses conséquences ont eu lieu également, et plus souvent encore, avant la tonique. Nous réservons donc les détails et les exemples pour le paragraphe suivant.

Page 1