‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 18 sur 119 · I. — OU tonique · texte numérisé non relu

I. — OU tonique

A. — OU [û latin) bref ou en position reste om*. Ex.: russa, roûsso;— summa, soûmo; — gutia, goûto; — secundum, segoun; — furca, fourcho ; — bulla, boùlo ; — rumfijcem, rounze ; — puncta, pouncho ; — crucem, croû; — gula, goûlo ; — putat, poûdo ; — lupum, loû; — pultem, poû; — suspicat, soûcho; — crusta, croûto; — currere, coure. L'allongement de la voyelle, dans ces derniers exemples, est la conséquence de la chute de 17, de IV ou de Ts, qui la suivaient.

Exceptions : OU (û latin) bref ou en position s'est renforcé assez fréquemment en u. Ex.: super, sûbre; — bullit, bur; — lucta, lûcho ; — tructa, trucho ; — fructus, frûcho ; — *acucla, gûlho; — jungit, jun; — fugio, fùge ; — plus rarement en eu (Ex. : suffero, seufre; — exsuccat, eisseujo), ou en o {Ex.: pluvia, plôvio; — dubitat, dôto ; — ructat, rôto ; — *fructicat, frôjo; — nuptia, nôço; — nurus, nôro).

B. — OU {û latin) long se renforce en u et s'abrège*. Ex.:

1 Figuré 0 dans les anciens textes. Voir le mémoire déjà plusieurs fois cité de M. Paul Meyer sur l'o provençal.

^ Cet abrègement avait dû avoir lieu déjà en provençal dans un grand nombre de mots, comme on peut l'induire de ce fait, que Hugues Faidit distingue, en ura larg et ura estreit, des mots dans lesquels Vu provient également d'un M latin long: par exemple,' d'une part, cura, dura, mesura; de l'autre, centura, escura, segura. On voit par la comparaison des deux listes que, dans quelques mots, la prononciation devait hésiter entre u larg et u estreit. Ainsi pura se trouve à la fois dans les deux séries, et, tandis que jMro et perjura figurent parmi les m larges, un autre composé de iUra, conjura, est rangé parmi les étroits. M. Paul Meyer conclut de cette dernière anomalie à une erreur de l'auteur ou des copistes. Mais une pareille conséquence n'est rien moins que nécessaire , car un composé ne suit pas toujours forcément la règle du simple. Par exemple, nous voyons, en limousin, Vu de mudar rester bref et pur à toutes les formes, tandis que

nudus, nû; — durât, dûro ; — mutât, mûdo ; — luna, lûno; — junius, jun; — mutus, mû.

Par exception, dans quelques mots il est devenu eu. Ex.: requeule (pr. recula), remeudo (pr. remuda)',— ovi même o : môcho {*mucat).

11 est resté ou dans quelques autres. Ex.: jusum, dejoû.

IL — OU après la tonique

En finale atone, cette voyelle, comme Yo, tombe ou se change en e après une consonne. Ex. : fimum, fem; — tonitru, tounedre. Après une autre voyelle, elle tombe toujours dans les mots proparoxytons , mais dans les mots paroxytons elle persiste en s'unissant en dipthongue avec cette voyelle. Ex.: oleum, ôli; corium, cuer; mais Deum, Deû ou Diou ; — meum, meû.

Antépénultième, Yu latin [ou) entre deux consonnes est toujours tombé (sauf dans les mots d'origine savante). Mais, suivi immédiatement d'une voyelle, ou il s'est consonnifié, c'est-à-dire changé en y, ou il a été attiré par la voyelle antécédente pour former avec elle une diphthongue. Ces deux derniers phénomènes ont eu lieu également avant la tonique. Ex. : vidua, vévo ; — tenuem, teùne ; — viduare, voidar, bas lim. vouida, à Nontron boueidâ.

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